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Parmi les facteurs de risque de BPCO, n’oublions pas la tuberculose pulmonaire

Publié le 24/08/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Parmi les principaux facteurs de risque de bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO), cause majeure de morbidité, de handicap et de mortalité, figurent notamment, le tabagisme, la pollution de l’air intérieur (dont l’exposition aux combustibles biomasse), l’exposition professionnelle (aux poussières, aux gaz, aux  vapeurs), le bas niveau socio-économique, les antécédents de diverses pathologies pulmonaires, dont la tuberculose. C’est à la relation entre cette dernière et le risque de survenue d’une BPCO que se sont intéressés des équipes de Taiwan.

L’étude a porté sur une vaste cohorte de 1 million de patients, tirés au sort en 2005 au sein de la National Health Insurance Database de Taiwan ; elle a comparé, eu égard au risque de BPCO, les données de 3 176 cas de tuberculose pulmonaire à celles de 15 880 sujets, indemnes de tuberculose, pris comme témoins, appariés aux cas pour l’âge, le sexe et la date d’entrée dans la base de données de l’assurance maladie.

Dans la population étudiée (65 % d’hommes), âgée en moyenne de 51,9 ± 19,2 ans, l’analyse met en évidence un taux d’évolution vers la BPCO plus élevé chez les patients atteints de tuberculose pulmonaire que chez ceux indemnes de cette infection (7,6 % vs 3,9 % ; p < 0,001), l’installation de la BPCO étant aussi plus précoce chez les cas que chez les témoins (au bout de 2,3 vs 2,5 ans ; p = 0,05). Les comorbidités étaient plus fréquentes chez les cas, qu’il s’agisse de diabète (17,9 % vs 8,1 % ; p < 0,001), de cancer [2,1 % vs 1,9 % ; p = 0,001 (cancer du poumon dans 0,1 % des cas, vs 0,0 %, p = 0,225 ; cancer autre dans 2,7 %, vs 1,9 %, p = 0,002), d’insuffisance rénale terminale (1,1 % vs 0,4 % ; p < 0,001), de maladies auto-immunes (0,5 % vs 0,2 % ; p < 0,001), ou de SIDA (0,2 % vs 0,0 % ; p = 0,01).

Plusieurs facteurs se sont avérés, associés à un risque accru de BPCO : l’âge (ratio de risque = 1,047 ; intervalle de confiance à 95 % : 1,043-1,052 ; p < 0,001) ;  le fait d’être un homme (2,001 ; 1,687-2,373 ; p < 0,001) ;  les faibles revenus (1,549 ; 1,004-2,390 ; p = 0,048) ; les antécédents de tuberculose pulmonaire (2,054 ; 1,768-2,387 ; p < 0,001). L’existence d’un diabète est apparue inversement associée au risque de BPCO (0,730 ; 0,591-0,0902 ; p = 0,003), cette relation inverse étant peut-être liée à l’arrêt du tabagisme obtenu après le diagnostic du diabète (l’effet apparemment protecteur du diabète vis-à-vis de la BPCO disparaissant lorsque l’analyse était restreinte aux femmes, non fumeuses pour la plupart), ou à un suivi régulier des diabétiques incluant la détection de la tuberculose pulmonaire.

L’impact de la tuberculose sur le risque de BPCO persistait, lorsque les données étaient analysées selon la durée de suivi, plus de 6 années durant après le diagnostic de la tuberculose. Cet impact était plus fort chez les moins de 40 ans que chez les plus de 40 ans, mais la tuberculose restait un facteur de risque indépendant de BPCO chez les plus de 70 ans.

Le délai de mise en route du traitement antituberculeux était de 94,9 ± 64,8 jours chez les cas ayant développé une BPCO (vs 74,3 ± 65,2; p < 0,001), et le ratio de risque de BPCO était de 1,005 (1,003-1,007 ; p <0,001), la probabilité de rester indemne de BCPO s’amenuisant avec l’allongement du délai de mise en route du traitement.

C’est bien sûr sur le diagnostic et le traitement précoces de la tuberculose pulmonaire qu’insistent les auteurs, ainsi que sur la prise en charge des facteurs de risque accessibles à sa prévention, et à celle de la BPCO.



Dr Julie Perrot


Lee C-H et coll. Pulmonary tuberculosis and delay in anti-tuberculous treatment are important risk factors for chronic obstructive pulmonary disease. PLoS ONE, 2012; 7 :e37978 (doi: 10.1371/journal.pone.0037978).


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