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AVC chez le sujet âgé : pas davantage de troubles neuropsychiatriques

Publié le 24/08/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Parmi les symptômes neuropsychiatriques (SNP) observés après un AVC,  les troubles de l’humeur seraient les plus fréquents. Mieux les appréhender, surtout chez les personnes âgées (PA), permettrait de mieux organiser le retour au domicile.

En 2008 en Hollande, 145 patients victimes d’un AVC et suivis dans 15 centres de rééducation à orientation gériatrique ont été inclus dans une étude destinée à évaluer la prévalence et la nature des SNP après un tel accident. La moyenne d’âge était de 79 ± 8 ans, la majorité était des femmes. Une version adaptée du NPI (Neuropsychiatric Inventory) a été utilisée pour évaluer les SNP, à 3 semaines de l’admission, puis dans les 15 jours précédant la sortie pour un lieu de vie indépendant (groupe S) ou à 1 an en cas de long séjour au centre de rééducation (groupe LS).

Vingt-six pour cent des participants n’avaient pas quitté le centre à 1 an. Une dépression avait été constatée chez 33 % des patients à l’admission et/ou à la sortie, tandis que dans 12 % des cas, elle est apparue durant le séjour. Quinze pour cent des malades présentaient une anxiété qui a perduré chez 3 %, et 19 % des anomalies des conduites alimentaires qui ont disparu pour 9 % d’entre eux au cours de l’évolution. Une agitation nocturne a été constatée chez 18 % des patients dont 8 % dès l’admission. L’apathie à l’entrée était significativement plus fréquente chez les sujets dont la sortie s’est avérée possible.

Les patients toujours dans le service à 1 an présentaient d’avantage de délire, d’hallucination, de désinhibition, de dépression, d’irritabilité et d’agitation nocturne. La  prévalence de la dépression, présente chez 59 % des sujets LS contre 24 % des S, a décru en proportion égale dans les 2 groupes mais elle est apparue en cours de séjour chez 6 % des patients S contre 32 % des patients LS. L’agitation nocturne était présente chez 32 % des LS et 12 % des S, les modifications du comportement alimentaire chez 27 % des LS contre 15 % des S. Les résultats au MMSE et les capacités langagières n’étaient pas différents dans les deux groupes.

Il est à noter que les patients de cette étude avaient 20 ans de plus que dans d’autres travaux. Or la prévalence des SNP est restée globalement faible, ce qui va à l’encontre d’une plus grande susceptibilité des personnes âgées à ces troubles. Celles-ci pourraient au contraire avoir une meilleure capacité d’acceptation et être moins enclines à la dépression. Toutefois cette hypothèse ne vaut pas pour les autres SNP.

Le nombre de SNP était faible dans le groupe S alors qu’il augmentait avec le temps chez les LS. D’après l’évolution des pourcentages un mauvais pronostic fonctionnel favoriserait la dépression à laquelle l’ensemble des signes pourrait être rattaché. Cependant, la prévalence des SNP pourrait avoir été ici sous-évaluée. L’exclusion des résultats de patients décédés ou sortis très précocement, l’absence de test de reproductibilité inter examinateurs pourraient avoir généré des biais.

La prévalence plus élevée des SNP chez les patients n’ayant pu quitter un centre de rééducation à 1 an d’un AVC pourrait être réactionnelle à un déficit fonctionnel plutôt que sa cause ou une séquelle de lésion cérébrale. Les rapports entre SNP et pronostic fonctionnel en gériatrie mériteraient ainsi d’être approfondis.



Dr Anne Bourdieu


Buijck BI et coll. : Neuropsychiatric symptoms in geriatric patients admitted to skilled nursing facilities in nursing homes for rehabilitation after stroke: a longitudinal multicenter survey. Int J Geriatr Psychiatry, 2012; 27: 734-741




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