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Un risque plus élevé d’hospitalisations itératives pour les insuffisants cardiaques consommateurs de drogues illicites !

Publié le 24/08/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Les effets à long terme de la consommation de drogues illicites sur le pronostic des patients en insuffisance cardiaque n’a pas fait l’objet d’étude systématiques.
Slim et coll. ont mené une étude rétrospective portant sur tous les malades hospitalisés pour insuffisance cardiaque entre juin 2003 et septembre 2004 et suivis jusqu’en 2008 dans un hôpital universitaire spécialisé dans la prise en charge des sujets exposés à une addiction.

Les patients ont été divisés en 2 groupes selon qu’ils étaient (drogue +) ou non (drogue-) consommateurs de drogue comme en attestaient leurs dires ou les dosages biologiques. Dans le groupe drogue +, l’analyse des urines a mis en évidence : cocaïne  (60 % des cas), cannabis (37 %), opiacés (17 %), benzodiazépines  (8 %) et barbituriques  (6 %).  

Finalement, 542 dossiers ont été analysés. Ils concernaient 357 patients  (53 : drogue +) et (304 : drogue-).

Comparés aux patients du groupe (drogue-) ceux du groupe (drogue +), étaient significativement plus jeunes (47± 8 vs 59 ± 13 ans ; p < 0,0001) ; ils étaient plus souvent de sexe masculin (42/53  (79 %) vs 163/304 (54 %) ; p < 0,001) et moins souvent de race blanche  (5/53 (9 %) vs 88/304 (29 %) ; p < 0,005) ; enfin, la maladie coronaire y était moins fréquente (11/53 (21 %) vs 126/304 (42 %) ; p= 0,005).

Il n’a pas été noté de différence entre les groupes (drogue +) et (drogue-), quant à l’incidence de l’insuffisance cardiaque systolique (42 (79 %) vs 234 (77 %) ; p= 0,9) et quant à la valeur de la fraction d’éjection ventriculaire gauche (0,30 ± 0,15 vs  0,34 ± 0,17 ; p= 0,2).

Avec un suivi de 988 ± 690 jours,  l’analyse des données a montré que la consommation  de drogue était associée à des récidives plus rapprochées  de l’insuffisance cardiaque (hazard ratio [HR] 3,8 ; intervalle de confiance [IC] à 95 % 2,3 à 10,7 ; p <0,0001). 

L’analyse de régression linéaire  multiple a identifié la consommation de drogue comme étant une variable indépendante de ré-hospitalisation pour insuffisance cardiaque (p=0,0001).

En revanche, il n’a pas été noté de différence significative entre les groupes (drogue +) et  (drogue-)  quant à la valeur moyenne des taux de BNP (brain natriuretic peptide), de troponine et quant à la mortalité hospitalière globale (HR 0,7 ; IC 95 % 0,3 à 1,7, p=0,4).

En conclusion, la consommation de drogues illicites expose à une augmentation du nombre des hospitalisations pour insuffisance cardiaque qui surviennent à des intervalles plus rapprochés.



Dr Robert Haïat


Slim AM et coll.: Comparison of Outcomes of Illicit Drug Users and Nonusers Hospitalized With Heart Failure. Am J Cardiol., 2012; 110: 558 –561


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