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Chirurgie générale chez les porteurs de valves cardiaques mécaniques : plus de peur que de mal

Publié le 26/08/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

La  tendance générale est d’éviter autant que possible de procéder à des interventions chirurgicales  non cardiovasculaires chez les porteurs de valves cardiaques mécaniques (VCM) et cela en raison du fait que, dans la période péri-opératoire,  ces patients sont à plus haut risque d’accidents thromboemboliques, d’endocardites et d’hémorragies.

Cependant, aucune étude contrôlée, prospective n’avait jusqu’alors étayé cette position et les quelques informations disponibles reposaient sur de rares études rétrospectives, non randomisées portant sur des effectifs de petite taille.

Biteker et coll. ont revu la question à partir d’une série de 140 patients âgés de plus de 18 ans (âge moyen : 65,54 ± 14,52 ans), porteurs d’une VCM (aortique : 77 ; mitrale : 46 ; double valve : 17) qui ont eu à subir une intervention de chirurgie générale entre 2010 et 2012. Ils ont été comparés à un groupe contrôle de 1 200 patients, opérés eux aussi, mais qui avaient leurs valves cardiaques natives et étaient donc libres de toute VCM. Les patients porteurs d’une bioprothèse valvulaire ont été exclus de l’étude.

Le relais des anticoagulants oraux était assuré par une injection sous-cutanée d’énoxaparine (1 mg/kg) 2 fois par jour.

Avec un suivi prospectif d’au moins 3 mois, l’incidence  des événements péri-opératoires cardiovasculaires (CV) (10,8 % vs 10,7 % ; p= 0,985) et non CV (11,9 % vs 11,4 % ; p=0,989) était semblable chez les  patients avec et sans VCM.

Il en était de même pour les taux d’hémorragies (18,6 % vs 14,2 %, p= 0,989), d’accidents thromboemboliques veineux et artériels (3,6 % vs 2 % ; p= 0,989) et pour la mortalité (1,4 % vs 1,3 %, p= 0,825) qui étaient  comparables dans les 2 groupes.

En conclusion, sous réserve d’une stricte adhérence aux recommandations internationales et d’un suivi minutieux, les patients porteurs d’une VCM qui subissent une intervention de chirurgie générale (donc non cardiaque et non vasculaire) sont exposés au même risque de morbi-mortalité que les patients en possession de leurs valves cardiaques natives.



Dr Robert Haïat


Biteker M et coll. : Outcome of noncardiac and nonvascular surgery in patients with mechanical heart valves. Am J Cardiol 2012; 110: 562–567.




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