Rougir est l’une des expressions les plus fréquentes de
sentiments aussi variés qu’émotion, pudeur ou colère. Le symptôme
peut cependant avoir une telle fréquence et/ou intensité qu’il en
devient gênant, retentissant alors sur la qualité de vie.
Sa véritable prévalence est incertaine de même que sa
physiopathologie mais une chose est sûre, le sympathique intervient
dans sa genèse. C’est la raison pour laquelle, la sympathectomie
réalisée par thoracoscopie est de plus en plus utilisée pour
traiter ces accès isolés de rougeur du visage qui surviennent en
dehors de tout contexte pathologique.
Le niveau idéal de la chaîne sympathique sur lequel doit porter
l’intervention n’est pas codifié et les données dont on dispose ne
découlent que de rares études rétrospectives.
C’est ce qui a conduit Licht et coll. à mener une
étude prospective, randomisée chez 100 sujets (âge moyen : 29
ans [18 à 56 ans] ; rapport hommes/femmes 27/73) recrutés sur une
période de 6 ans dans 2 hôpitaux universitaires car ils
présentaient des accès isolés de rougeur du visage (blushing)
particulièrement gênants.
Après randomisation, les patients ont bénéficié d’une
sympathectomie réalisée par thoracoscopie effectuée au niveau
de la 2e côte ou de l’espace intercostal situé entre la 2e et la 3e
côte. La qualité de vie avant et 12 mois après
l’intervention, ainsi que les réactions locales et les effets
secondaires ont été évalués au moyen de questionnaires.
La qualité de vie s’est significativement améliorée dans
les 2 groupes de traitement, tant sur le plan mental du sujet que
sur celui de ses rapports sociaux. Ainsi globalement, 85 % des
sujets ont jugé que le résultat obtenu était excellent ou
satisfaisant sans différence significative entre les 2 procédures
opératoires.
Au cours de la première année, une légère rougeur du visage a
récidivé dans 30 % des cas. Un cas de syndrome de Claude Bernard-
Horner a été signalé.
Il a été noté par ailleurs : des accès sudoraux réactionnels
chez 93 % des sujets (dans 36 % des cas ils étaient en
rapport avec l’excitation des papilles gustatives) et une
sécheresse des mains chez 66 % d’entre eux. Malgré une
sélection préopératoire attentive et les nombreuses informations
délivrées avant l’intervention, 13 % des sujets ont regretté
de s’être fait opérer.
En conclusion, la sympathectomie réalisée par
thoracoscopie pour traiter les accès isolés de rougeur du
visage qui surviennent chez des sujets sains, s’est avérée efficace
quel que soit le niveau (2e côte ou espace intercostal 2e- 3e
côte) où la chaine ganglionnaire a été abordée.
L’intervention a amélioré significativement la qualité de vie
et malgré de très fréquents effets secondaires d’expression variée
(dont beaucoup étaient de faible intensité et ont récidivé au
cours de la première année) la majorité des patients s’est déclarée
satisfaite du geste chirurgical.
Dr Robert Haïat
Licht PB et coll.: Sympathicotomy for isolated facial blushing: a randomized clinical trial. Ann Thor Surg., 2012; 94: 401–405.
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