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Un long suivi radiographique de gonarthroses

Publié le 30/08/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

La gonarthrose est fréquente, et sa prévalence ne cesse de croître. Par exemple, entre 1991 et 2006, le nombre de prothèses totales (PTG) a triplé au Royaume Uni.

Le suivi de cette pathologie chronique repose sur l’examen clinique et les radiographies. Or, il y a peu d’études prospectives sur de nombreuses années décrivant l’évolution naturelle radio-clinique.

Les auteurs de cet article ont suivi pendant 14 ans 1 003 femmes âgées de 53 ans en moyenne (48-58 ans) au début de l’étude (cohorte Chingford).

A l’inclusion, plusieurs paramètres ont été recueillis, dont certains considérés comme des facteurs de risque de gonarthrose (indice de masse corporelle [IMC], activité physique).

Les sujets ont eu des radiographies de face des deux genoux tous les 5 ans environ, avec un dernier point à 14 ans d’évolution. Ces radiographies étaient classées suivant le score de Kellgren et Lawrence (K/L) en 4 stades (0 à 3).

À 14 ans de suivi, 561 dossiers étaient exploitables sur les 1 003 initiaux, ce qui est acceptable sur une telle durée.

A l’inclusion, 13,7 % des sujets avaient une arthrose (K/L>1) au niveau d’au moins un genou. Cette prévalence a augmenté au cours du suivi : 23,9 % à 5 ans, 36,4 % à 10 ans, 47,8 % à 14 ans.

L’âge était bien sûr associé linéairement au risque de gonarthrose : 26 % de gonarthrose chez les moins de 50 ans, contre 42,2 % chez les plus de 60 ans (p<0,01). De même l’obésité était un facteur de risque de gonarthrose (environ +20 % de risque d’avoir une gonarthrose à 10 et 14 ans).

Les auteurs ont pu ainsi calculer une incidence cumulée annuelle à 2,3 %, et environ 3 % des sujets gonarthrosiques s’aggravent tous les ans sur le plan radiographique. De plus, cette aggravation apparaît comme un facteur de risque de progression du score de K/L.

Cependant, le risque d’avoir une PTG à 14 ans n’est pas corrélé au score de K/L, et c’est même dans le groupe K/L =1 que l’on trouve le plus d’évolution vers la PTG.

De même, les auteurs constatent une assez mauvaise concordance radio-clinique. En effet, à l’inclusion, 30,7 % des sujets ont des douleurs d’au moins un genou, mais sans forte corrélation aux radiographies : un score de K/L à l’inclusion à 0, 1, 2, ou 3 « entraîne » des douleurs chez respectivement 21,5 %, 19,7 %, 39,5 %, et 26,7 %, des sujets.

Au total, cette étude constitue le plus long suivi radiographique de gonarthroses publié à ce jour, permettant de mieux préciser le devenir des sujets. Finalement, il faut rassurer les patients car environ 50 % des gonarthrosiques ne progressent pas en 14 ans et les radiographies initiales ne permettent pas de préjuger de l’évolution péjorative ou non de leur gonarthrose. Par contre, le suivi radiographique a l’intérêt de dépister ceux dont la pathologie progresse.



Dr Laurent Laloux


Leyland KM et coll : The natural history of radiographic knee osteoarthritis. A forteen-year population-based cohort study. Arthritis and rheumatism. 2012; 64 : 2243-2251


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