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Démence chez le patient psychiatrique âgé : une espérance de vie raccourcie

Publié le 30/08/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Il apparaît de plus en plus clairement que la dépression favorise les syndromes démentiels. Mais la démence des patients souffrant de troubles psychiatriques présente-t-elle des spécificités en particulier en terme de survie?

Les patients souffrant d’affections psychiatriques et/ou recevant des psychotropes recensés en 2000 parmi les bénéficiaires de l’assurance maladie d’une province canadienne, soit 930 965 individus (99 % de la population de cet état) ont été suivis pendant 7 ans (31 décembre 2006) ou jusqu’au décès ou à l’arrêt de la couverture sociale. Au cours du suivi, une démence a été diagnostiquée dans  5 583 cas (3,4 %).

Les caractéristiques des 1 374 patients diagnostiqués déments durant la 1ère année de suivi ont été analysées plus précisément. Leurs revenus étaient plus faibles, leur score de pathologie chronique supérieur et ils étaient plus souvent séparés, veufs ou divorcés.

Sur les 7 ans les femmes ont constitué 65 % des nouveaux cas. Au total, 3 386 sujets sont décédés, à un âge médian de 80 ans pour les hommes et de 82 pour les femmes. Un score de pathologies chroniques plus élevé, l’avancée en âge, un plus faible revenu, la situation maritale ont été identifiés comme des facteurs de risque de mortalité chez les femmes. La survie après le diagnostic a été de 24 mois pour les hommes contre 37 chez les femmes ; elle diminuait bien sûr significativement avec l’âge. Les facteurs prédictifs d’une espérance de vie abrégée étaient le sexe masculin, un début de démence tardif, de faibles revenus et un score de pathologies chroniques élevé.

La survie après apparition d’une démence chez les patients psychiatriques a été estimée à 32,66 mois, ce qui est inférieur à la médiane de survie des patients souffrant exclusivement de démence ou de maladie psychiatrique. Dépression et démence partagent des mécanismes physiopathologiques communs, majorant leur risque d’association. Ceci pourrait également être le cas pour d’autres maladies psychiatriques. L’étude a manqué de groupe contrôle et d’informations sur la sévérité des troubles ; les indications de prescription des psychotropes ont pu ne pas être spécifiques.

Une part significative de la population psychiatrique est à risque de démence, avec une mortalité accrue. Son diagnostic est d’importance pour initier la prise en charge la plus précoce possible.



Dr Anne Bourdieu


Meng X et coll. : Survival of patients with incident dementia who had a pre-existing psychiatric disorder: a population-based 7-year follow-up study. Int J Geriatr Psychiatry, 2012; 27: 683-691.




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