L’allergie à la poussière des grains de café vert a été décrite
en milieu professionnel dès les années 1950. Elle est responsable
de symptômes oculaires et respiratoires dont la prévalence est
estimée entre 13 et 50 %.
Les seuls extraits disponibles pour réaliser des tests à visée
diagnostique sont des mélanges de grains de café verts (C.
arabica, C. canephora et C. liberica) dont
la teneur en allergènes est variable. Les tests cutanés réalisés
avec ces extraits sont par ailleurs difficilement interprétables en
raison de la présence de vasodilatateurs dans le café.
L’utilisation d’allergènes recombinants pourrait donc
considérablement améliorer la sensibilité et la spécificité des
tests. Un allergène du café vert vient d’être décrit pour la
première fois par une équipe allemande : la technique de phage
display a en effet permis l’identification de Cof a 1.
Les sérums de 17 ouvriers ayant des symptômes
professionnels au contact de la poussière de café (rhinite et/ou
conjonctivite) ont été analysés par immunoCAP (k70). Parmi ces
patients, 9 travaillaient dans une compagnie de transport, 4 dans
un silo de café et 4 dans une compagnie de décaféinisation. Tous
buvaient du café sans inconvénient.
Des IgE spécifiques du café vert ont été détectées dans 2 des 17
sérums et des taux élevés d’IgE totales (> 100 kU/l) dans 6.
Huit sérums de sujets non exposés professionnellement au café ni
sensibilisés à d’autres allergènes professionnels ont servi de
témoins.
Une bibliothèque d’affichage de phages d’ADNc de Coffea arabica
pJuFo a été construite et sélectionnée en fonction de la liaison
IgE aux protéines du café avec les 2 sérums des patients
sensibilisés au café vert.
Lors d’une analyse de séquence, un nouvel allergène du café (Cof
a 1), a été identifié. Exprimé par Escherichia Coli pour obtenir un
allergène recombinant, il a été évalué par Western Blot.
L’ADNc de Cof a 1 code pour une chitinase de classe III de C.
arabica de 32 kDa.
Les sérums des 17 patients ont ensuite été testés par une
technique ELISA.
Des IgE sériques spécifiques de l’allergène recombinant rCof a 1
ont été trouvés chez 3 des 17 patients ayant des symptômes au
contact de la poussière de café, soit 18 %. Le test commercial
classique n’avait permis une détection que de 2 d’entre eux.
Dr Geneviève Démonet
Manavski N et coll. : Cof a 1: Identification, Expression and Immunoreactivity of the First Coffee Allergen” Int Arch Allergy Immunol 2012 ; 159 : 235-342
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