Les tumeurs cardiaques, qu’elles soient bénignes ou malignes
sont peu fréquentes. Il importe néanmoins d’effectuer un
bilan étiologique le plus précis possible à l’aide des tests non
invasifs utilisés dans la pratique cardiologique courante.
L’objectif est d’optimiser la prise en charge thérapeutique en ne
recourant aux techniques invasives qu’en dernier ressort. Les
explorations morphologiques trouvent naturellement ici leur place,
qu’il s’agisse de l’échocardiographie ou encore de l’IRM. C’est
ainsi qu’il est possible d’apprécier la taille, le potentiel
invasif et la vascularisation des dites tumeurs.
Cependant, leur malignité ne peut être documentée par cette
approche. Quel est l’intérêt de la TEP-TDM (tomographie par
émission de positons-tomodensitométrie) dans ce contexte ? C’est à
cette question que répond une étude dans laquelle ont été inclus 24
patients (dont 11 hommes ; âge moyen, 59 ± 13 ans) tous atteints
d’une tumeur cardiaque récemment diagnostiquée. Dans tous les cas,
le bilan préopératoire a comporté une TEP-TDM effectuée après
injection intraveineuse d’un analogue du glucose, en l’occurrence
le FDG marqué par un émetteur de positons, le fluor 18
(FDG-TEP-TDM),
La fixation tumorale du radiopharmaceutique a été quantifiée à
l’aide du SUVmax (maximum standardized uptake values). Deux groupes
ont été constitués : (1) tumeurs bénignes (n=7) ; (2) tumeurs
malignes (n=17) soit primaires (n=8), soit secondaires (métastases
; n=9). Les résultats de cet examen ont été comparés, d’une part, à
ceux de la TDM avec injection de produit de contraste, d’autre part
aux données histopathologiques.
Les valeurs moyennes du SUVmax ont été estimées à 2,8 ± 0,6 en
cas de tumeur bénigne, versus 8,0 ± 2,1 en cas de tumeur maligne
primitive et 10,8 ± 4,9 en cas de métastase (p<0,01 dans les
deux cas de figure). En prenant comme seuil de positivité une
valeur du SUVmax de 3,5 (ce qui est élevé), la sensibilité de la
TEP-TDM dans le diagnostic de malignité a été estimée à 100 %, la
spécificité étant de 80 % et l’exactitude de 96 %. Pour la TDM, les
valeurs correspondantes ont été respectivement de 82 %, de 86 % et
de 83 %. En outre, la TEP-TDM a permis de détecter des lésions
extracardiaques secondaires chez 4 patients.
En bref, la FDG-TEP-TDM semble être à même d’orienter le
diagnostic étiologique des tumeurs cardiaques vers la malignité
avant l’intervention, tout en contribuant au bilan d’extension.
Résultats encourageants à confirmer par d’autres études sur une
plus grande échelle, en sachant que le seuillage choisi pour le
SUVmax n’est en aucun cas une constante universelle,
loin s’en faut.
Dr Philippe Tellier
Kambiz Rahbar et coll. : Differentiation of Malignant and Benign Cardiac Tumors Using 18F-FDG PET/CT. J Nucl Med., 2012 ; 53: 856-863.
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