Dû au psychologue allemand Wolfgang Köhler (1887-1967) qui le
décrivit lors de ses expériences sur le singe, le phénomène
d’insight (discernement, don d’observation) est relatif aux
stratégies de résolution des problèmes par « la découverte
soudaine d’une solution après une réorganisation (inconsciente) des
éléments » disponibles. On peut le rapprocher de « l’effet
Haha » auquel Martin Gardner, célèbre journaliste scientifique
et vulgarisateur de mathématiques « récréatives » (1914-2010)
consacra un ouvrage (Aha! Insight en anglais, adapté en français
sous le titre Haha, ou l’éclair de la compréhension mathématique,
éditions Belin, 1979).
Il est « communément admis que les schizophrènes ont moins
de capacités d’insight »[1], mais une étude réalisée en Inde
s’intéresse aux relations moins connues entre la vulnérabilité aux
troubles obsessionnels compulsifs (TOC), une plus grande
défaillance dans les tâches de résolution des conflits, et une
faible capacité d’insight.
Les auteurs ont évalué l’insight et les fonctions
neuropsychologiques chez 150 sujets atteints de TOC (selon les
critères du DSM-IV), comparativement à 177 sujets-témoins. On
observe une « corrélation significative » entre le score
d’insight (apprécié au BABS, Brown Assessment of Beliefs Scale)[2],
certains outils d’évaluation neurocognitive (comme le test
d’interférence de Stroop pour la résolution des conflits[3] ou le
test AVLT de Rey sur l’apprentissage auditivo-verbal de la mémoire
verbale, Auditory Verbal Learning Test)[4] et le score repérant
l’intensité des troubles obsessionnels-compulsifs à l’échelle de
Yale-Brown (Yale-Brown Obsessive–Compulsive Scale total score)[5].
Les capacités d’insight tendent notamment à se révéler « plus
médiocres » quand les TOC concernent « une obsession de
symétrie ou des rituels de lavage. » Les auteurs notent que
les déficits cognitifs affectent surtout « la résolution des
conflits, la mémoire verbale et la fluidité mentale (fluency).
» Ils estiment que les sujets avec un déficit d’insight peuvent
avoir des difficultés pour « traiter de façon appropriée des
informations contradictoires, actualiser des informations
mémorisées, et accéder aux informations qui leur permettraient de
modifier leurs croyances irrationnelles. »
[1] cf. par exemple A Sagodi : « Neuro-imagerie, insight,
schizophrénie » in 9ème Journée Pierre Deniker, Toulouse, février
2010.
[2]
http://www.veale.co.uk/wp-content/uploads/2010/11/BABS_revised_501.pdf
[3] http://en.wikipedia.org/wiki/Stroop_effect
[4] http://www.automobileevaluation.com/Rey-M_Vanier.pdf
[5]
http://www.healthyplace.com/psychological-tests/yale-brown-obsessive-compulsive-scale/
Dr Alain Cohen
Kashyap H et coll. : Neuropsychological correlates of insight in obsessive–compulsive disorder. Acta Psychiatrica Scandinavica 2012; 126: 106–114.
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