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Erythrodermie psoriasique : les biothérapies en première intention ?

Publié le 02/09/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Une étude rétrospective multi-centrique a été conduite dans 36 services de dermatologie français afin de collecter des données sur  le traitement par biothérapie des érythrodermies psoriasiques. Les critères d’inclusion retenus étaient l’existence d’une érythrodermie (atteinte de 90 % de la surface corporelle) évoluant depuis 3 mois chez des patients pour lesquels le diagnostic de psoriasis était avéré.

Un questionnaire a été rempli pour chaque patient concernant l’ancienneté de la maladie et les associations morbides et les scores sur les échelles de gravité ont été mesurés : PASI (psoriasis area severity index), BSA (Body Surface Area) et PGA (physician global assessment).

Parmi les biothérapies utilisées c’est l’infliximab qui a été administré le plus souvent en 1ère ligne (20 patients sur 28) puis l’adalimumab (3 patients sur 28) l’étanarcept (5 patients sur 28) et enfin l’ustékinumab (n = 3). Il est à noter que 2 patients ont reçu l’éfalizumab en 1ère ou en 3ème ligne mais ce traitement a depuis été retiré de la prescription.

Les données sur l’efficacité sont les suivantes : à 12 semaines on observe que 48 % des patients sous infliximab ont atteint le PASI 75 (ce qui, schématiquement, correspond à une diminution de 75 % de la surface cutanée atteinte), 50 % sous adalimumab et 40 % sous étanercept.

Les effets secondaires sont essentiellement des infections à point de départ cutané. Un cas de néoplasie (lymphome) a été observé à 3 mois de traitement par adalimumab et d’autres effets secondaires isolés comme un infarctus du myocarde chez un patient traité par infliximab ou 1 décès inexpliqué ont été rapportés. Ce décès inexpliqué a concerné un patient traité par ustékinumab.
Il est à noter que certains patients ont reçu une biothérapie pendant plus de 48 semaines.

Les auteurs concluent à l’efficacité à court terme des biothérapies dans cette situation mais il est à noter que le changement de biothérapie a été fréquent, en cours d’évolution,  soit à cause d’un manque d’efficacité de la molécule utilisée soit à cause des effets secondaires.

Il n’en demeure pas moins que les biothérapies sont incontestablement un progrès dans le traitement de l’érythrodermie psoriasique dont la gravité liée à la morbi-mortalité est connue de longue date.



Dr Patrice Plantin


Viguier M et coll. : Efficacy and safety of biologics in erythrodermic psoriasis : a multicentre, retrospective study. Br J Dermatol 2012;167: 417-423


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