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Réhabiliter le « trouble de l’adaptation »

Publié le 03/09/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Si le DSM puis (plus récemment) la CIM admettent depuis plusieurs années l’existence d’un « trouble de l’adaptation » (adjustment disorder), deux psychiatres exerçant en Irlande analysent les raisons probables de sa faible reconnaissance et de sa « gestion inappropriée » par les médecins, parallèlement à la « rareté des études épidémiologiques » actuellement consacrées à cette problématique.

 Dans la pratique, la prévalence du trouble de l’adaptation serait en effet d’environ 3 % (voire bien supérieure selon d’autres sources, comme Alain Bottéro citant un taux de « 5 à 25 % » pour ce « diagnostic éludé »[1]), bien que le DSM parle pourtant d’un « diagnostic commun. » Pour les auteurs, l’ignorance relative de cette affection tiendrait en partie à l’insuffisance des critères et outils de son diagnostic, et au flou dans sa différenciation avec d’autres situations de nature normale (réponses physiologiques au stress) ou pathologique (troubles thymiques ou anxieux).

Malgré le caractère plutôt marginal de ce diagnostic (notamment chez les médecins généralistes), on remarque néanmoins une tendance à le traiter par « des prescriptions élevées d’antidépresseurs », ce qui montre son assimilation fréquente à des troubles dépressifs. Ces difficultés pour identifier le trouble de l’adaptation pourraient être aplanies dans les futures éditions des outils nosographiques (DSM-5 et CIM-11), si les chercheurs lui accordent enfin une plus grande attention et un « vrai statut de syndrome », au lieu de le reléguer indûment à une « place résiduelle. » Alain Bottéro formule une réflexion convergente, en estimant qu’il convient de « réhabiliter le trouble de l’adaptation, monnaie courante de nos consultations, devenue, sans qu’on y ait pris garde, une rareté clinique » trop souvent confondue avec des troubles dépressifs, d’où l’inclination des praticiens à des prescriptions d’antidépresseurs parfois abusives.

[1] http://www.neuropsychiatrie.fr/extranet/upload/article/729988375_21-22%20Trouble%20de%20l'adaptation.pdf



Dr Alain Cohen


Casey P & Doherty A : Adjustment disorder: implications for ICD-11 and DSM-5. Br J Psychiatry 2012; 201: 90–92.




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