> Accueil JIM > Un lien entre parodontites et exacerbations de BPCO

Partenaires Partenaire





ACTUALITE MEDICALE

Un lien entre parodontites et exacerbations de BPCO

Publié le 03/09/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Les poussées évolutives de la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) sont lourdes de conséquences, certes sur le moment, mais aussi à plus long terme par le biais de leur impact potentiel sur la fonction respiratoire. De ce fait, sa prise en charge thérapeutique doit comporter des mesures préventives dont l’une est simple, tout au moins dans son principe.

L’hygiène buccodentaire des patients atteints d’une BPCO laisse souvent à désirer, au point de favoriser l’émergence d’infections parodontales qui pourraient favoriser la survenue de décompensations respiratoires aiguës par le biais de la colonisation bactérienne des voies aériennes supérieures, mais aussi et surtout inférieures.

Cette hypothèse n’a fait l’objet que de peu d’études concluantes, ce qui fait l’intérêt d’une étude de cohorte prospective dans laquelle ont été inclus 93 patients atteints d’une BPCO connue. Sur le plan de la méthodologie, les taux plasmatiques d’un anticorps de type IgG dirigé contre Porphyromonas gingivalis ont été systématiquement dosés à l’état basal chez tous les participants. Ce germe est en effet très souvent en cause dans les infections parodontales. Le nombre des poussées évolutives de la BPCO a été apprécié au cours d’un suivi d’une durée d’une année.  

Parmi les patients ayant des taux élevés d’IgG (versus normaux) on notait
• une moindre fréquence des exacerbations de la maladie, soit 0,8 versus 1,2 par année (p=0,045)
• une moins grande proportion de malades présentant des exacerbations fréquentes (au moins deux par an), soit 14,3 vs 38,6 % (p=0,009)

Une analyse multivariée par régression logistique multiple a confirmé que des taux normaux d’IgG anti- Porphyromonas gingivalis augmentaient significativement le risque de survenue de poussées évolutives fréquentes, le risque relatif correspondant étant estimé à 5,27 (p=0,019). Ce résultat a été obtenu après ajustement en fonction des facteurs de confusion identifiables, qu’il s’agisse notamment des antécédents d’exacerbations de la maladie respiratoire, de sa sévérité, des traitements reçus et du tabagisme chronique.

En bref, des taux plasmatiques normaux d’anticorps IgG en rapport avec les infections parodontales semblent bien constituer un facteur de poussées évolutives au cours de la BPCO, indépendamment des autres facteurs de risque. Leur dosage pourrait permettre d’identifier les patients à risque et d’envisager des stratégies préventives agressives pour contrôler ces infections de la sphère buccodentaire.



Dr Philippe Tellier


Takahashi T et coll. : Relationship between Periodontitis-Related Antibody and Frequent Exacerbations inChronic Obstructive Pulmonary Disease. PLoS One. 2012: publication avancée en ligne le 11 juillet.


Vous pouvez lire sur un thème proche :


IMPRIMER ENVOYER A UN CONFRERE REAGIR ENREGISTRER DANS MA BIBLIOTHEQUE TAILLE DU TEXTE

Vos réactions