La consommation d’alcool et la stimulation vagale sont souvent
associées au déclanchement d’une fibrillation auriculaire (FA)
paroxystique (P). Mais sont-elles vraiment responsables de
l’arythmie ou s’agit-il de pures coïncidences ?
Plus de 30 % des patients signalent avoir consommé
de l’alcool avant la survenue d’une FAP. Cependant, les études
portant sur ce sujet ne sont que descriptives ; ainsi, en
l’absence de groupe comparateur et compte tenu de la
fréquence de la consommation d’alcool, il n’est pas
possible de dire si l’alcool a bien été le facteur
déclenchant de la FAP ou si son association à l’arythmie n’était
que le fruit du hasard.
De même, les études mentionnant que le système vagal
pouvait être en cause jusque dans 38 % des cas de FAP, sont toutes
descriptives et ne comportent pas de comparateur ; elles aussi ne
permettent donc pas d’affirmer l’existence d’une relation de
cause à effet entre la stimulation vagale et la FAP.
Qu’en est-il vraiment ?
Mandyam et coll. ont essayé d’en savoir plus et au moyen
d’un questionnaire, ils ont analysé et comparé la réalité de la
prise d’alcool et/ou d’une réaction vagale chez 223 patients
consécutifs, hospitalisés pour FAP (n=133) ou tachycardie
supraventriculaire (TSV) (n=90).
Après ajustement de diverses variables, il est apparu
qu’en cas de FAP (vs TSV), une consommation d’alcool
avait 4,42 fois plus de chance d’être signalée par le
patient (intervalle de confiance [IC] 95 % [1,35 à 14,44] ;
p= 0,014)) comme étant le facteur déclenchant du
trouble du rythme tandis qu’une activité vagale avait
elle-même 2,02 fois plus de chance (IC 95 % [1,02 à 4,00] ;
p=0,044) de l’être.
Chez les patients qui présentaient une FAP, l’ingestion
d’alcool (bière principalement) a été le facteur essentiel du
déclenchement du trouble du rythme (odds ratio [OR] 4,49 ; IC
95 % [1,41 à 14,28 ; p=0,011). Le jeune âge (OR 0,68 ; IC 95 %
[0,49 à 0,95 ; p=0,022]) et des antécédents familiaux de FA (OR
5,73 ; IC 95 % [1,21 à 27,23] ; p =0,028) ont été, chacun,
indépendamment associés à une activité vagale accrue
responsable de l’arythmie.
Les patients dont la FAP avait été déclenchée par une
consommation d’alcool avaient beaucoup plus de chance de présenter
également les manifestations d’une activité vagale prononcée (OR
10,32 ; IC 95 % [1,05 à 101,42] ; p= 0,045).
La mise en évidence du fait que la consommation
d’alcool est plus souvent à l’origine d’une FAP que d’autres
TSVs, montre que l’association ingestion d’alcool- survenue
d’une PAF ne dépend pas de l’effet du seul hasard.
En conclusion, consommation d’alcool et forte
activité vagale sont plus souvent à l’origine d’une FAP que
de toute autre TSV. Par ailleurs, lors d’une FAP, la fréquente
association d’une consommation d’alcool excessive et d’une
stimulation vagale accrue laisse à penser que c’est
possiblement par un mécanisme vagal que l’alcool précipite la
survenue d’une FAP.
Dr Robert Haïat
Mandyam MC et coll. : Alcohol and Vagal Tone as Triggers for Paroxysmal Atrial Fibrillation. Am J Cardiol., 2012; 110: 364 –368
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Vos réactions |
Vaguer par le biais du vague
Le 05 septembre 2012
En plus de la consommation d'alcool qui peut être responsable de fibrillation auriculaire , d'autres causes comme certaines colopathies avec ballonnement abdominal et certains cauchemars sont responsables d'une fibrillation auriculaire par le biais d'une réaction vagale.
Dr Abdelaziz Ghoggal
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