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La meilleure méthode pour localiser un petit nodule pulmonaire avant résection en vidéo

Publié le 04/09/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Il est difficile de localiser les petits nodules pulmonaires (< 10mm de diamètre) surtout quand ils sont isolés et profonds (au-delà de 5 mm). La difficulté est accrue quand on décide de les aborder par vidéo (qui est la technique de choix dans cette indication).

Quand on sait que pour ces petits nodules le taux de conversion d’une vidéothoracoscopie en thoracotomie peut atteindre 40 %, on comprend l’intérêt d’une bonne méthode de repérage.
De nombreux artifices ont été utilisés. Ils sont détaillés dans une étude de la littérature (1) au cours de laquelle 107 publications ont été analysées et les conclusions de 19 retenues.

1. La mise en place d’un harpon : relativement facile sous Tdm tomodensitométrie (Tdm) mais trop souvent aléatoire, le harpon ayant tendance à se décrocher du poumon au moment de la réalisation du pneumothorax en début de vidéo (en pratique une fois sur 2).
2. La mise en place d’un ressort spiralé : il serait plus stable et utilisable dans 85 % des cas. Il permet, s’il reste bien en place, de tracter le nodule afin de mieux le circonscrire.
3. Les ultrasons : nécessitent un matériel onéreux et s’avèrent trop utilisateur-dépendant. La présence d’air rend sa réalisation délicate bien que très peu agressive.
4. Le palper digital est très difficile pour la plupart des nodules car l’accès est limité à travers un orifice de trocart
5. Le bleu de méthylène : il est facile à utiliser et relativement précis, mais a l’inconvénient de diffuser rapidement à la surface du poumon et donc de ne plus permettre de localiser la cible et par ailleurs, il devient inopérant en cas d’anthracose majeure.
6.  La localisation par radioéléments injectés in situ semble emporter la conviction des auteurs. Elle consiste à injecter sous contrôle Tdm avec une aiguille de 22G une dose de 150 μCi de sulfure de Technétium-99 (avec un peu de bleu de méthylène). Ensuite, en salle d’opération, à travers un des trocarts, une sonde de détection gamma est introduite qui guidera l’opérateur jusqu’à la lésion. La demi-vie du produit est de 6 heures et tous les centres qui pratiquent la technique du ganglion sentinelle dans les cancers du sein sont équipés de telles sondes. Deux publications (Burdine J et coll. Chest 2002;122 :1467-70 et Chella A et coll. Eur J Cardiothorac Surg 2000;18 :17-21) rapportent des taux de réussite de 100 % quelle que soit la taille du nodule, sa localisation et sa  situation en profondeur.

En conclusion, la détection par radio-éléments injectés est la méthode de choix pour localiser les petits nodules pulmonaires infracentimétriques.



Dr Roland Charpentier


Zaman M et coll. : In patients undergoing video-assisted thoracoscopic surgery excision, what is the best way to locate a subcentimetre solitary pulmonary nodule in order to achieve successful excision ? (Best evidence topic). Interact CardioVasc Thorac Surg., 2012; 15: 266-272



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