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Régression du cancer du rectum sous radio-chimiothérapie néoadjuvante : une biopsie négative autorise-t-elle à ne pas opérer ?

Publié le 04/09/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

La radio-chimiothérapie (RCT) néo-adjuvante peut conduire à la régression, voire à la disparition des cancers du rectum (KR). Certains en ont tiré argument pour proposer une chirurgie limitée, voire une abstention chirurgicale au prix d’une surveillance minutieuse. Mais une telle attitude risque de méconnaître des foyers résiduels de cellules malignes difficiles à dépister. Les biopsies rectales (BR) après RCT ont été proposées ; pour juger de leur fiabilité, les auteurs ont entrepris une étude rétrospective des malades ayant eu une réponse clinique partielle, suivie de BR dont ils ont comparé les résultats avec ceux de la pièce après intervention.

Tous les malades ayant un KR classifié (après échoendoscopie, scanner et résonance magnétique) T2-T4 (c’est à dire envahissant la musculeuse, voire atteignant les organes de voisinage) ou N1-N2 (atteinte de un à plusieurs ganglions) ont été retenus pour RCT néo-adjuvante, qui a consisté en 30 séances quotidiennes de 1,8 Gy et en 2 cycles de 5-FU administrés simultanément.

Une nouvelle évaluation a été réalisée 2 mois après la fin de la RCT. Les patients avec une régression complète n’ont pas été opérés et ont été exclus de l’étude. Les autres ont été divisés en 2 groupes : G1, où la tumeur avait régressé de plus de 30 %, qui ont été soumis à des BR ; G2, où la tumeur avait diminué de moins de 30 %, où la pratique de BR avant chirurgie a été laissée à la discrétion du chirurgien. Toute BR positive entraînait une chirurgie à visée curatrice, les BR négatives autorisant, chez les patients refusant une chirurgie radicale, des gestes locaux (résection transanale, par exemple).

Sur les 172 malades traités par RCT, 60 ont eu une régression complète persistant après un an ; les 112 autres (72 hommes), objets de l’étude, se répartissent en 39 G1 et 73 G2, ces 2 groupes étant comparables (âge, sexe, stade, distance de la marge anale, etc.), mais les tumeurs du G1 étaient significativement plus petites après RCT.

Les BR ont été parfois répétées, de sorte qu’il y en a eu 53 sur les 39 malades G1, dont 25 (64 % des malades) ont été positives. Chez ces 25 patients, la tumeur a été retrouvée 25 fois sur la pièce (dont 9 pT3). Chez les autres 14 malades (BR-), l’opération a retrouvé  11 tumeurs résiduelles (79 %), dont 4 pT3-pT4. Donc seules 3 BR négatives sur 28 correspondaient effectivement à une disparition du KR.

On ne peut donc pas se fier à des biopsies négatives après régression partielle pour renoncer à la chirurgie radicale.



Dr Jean-Fred Warlin


Perez RO et coll. : Role of biopsies in patients with residual cancer following neoadjuvant chemoradiation after downsizing: can they rule out persisting cancer?
Colorectal Disease 2012;14(6):714-720.



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