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Moins d’infarctus du myocarde après la chirurgie bariatrique pour les patients obèses et diabétiques

Publié le 06/09/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Si la chirurgie bariatrique permet, chez les patients obèses atteints de diabète de type 2 (DT2), une réduction pondérale soutenue et l’amélioration du contrôle glycémique, l’impact à long terme de cette intervention sur les événements cardiovasculaires (ECV) reste à préciser. Des auteurs suédois et finlandais, ont récemment associé à la chirurgie de l’obésité, chez l’ensemble des participants à la Swedish Obese Subjects (SOS) study, une diminution de l’incidence des ECV. Ils sont allés un peu plus loin et ont examiné cette fois l’influence particulière de la chirurgie bariatrique chez les sujets diabétiques.

L’essai SOS, essai interventionnel prospectif, contrôlé, non randomisé, a en effet pour objectif  d’évaluer, dans une population d’étude de 4 047 patients obèses, enrôlés entre septembre 1987 et janvier 2001, âgés de 37 à 60 ans, dont l’IMC était supérieur ou égal à 34 chez les hommes et ≥ 38 chez les femmes, l’impact de la chirurgie bariatrique (n = 2 010 patients) sur la mortalité et la morbidité, en comparaison du traitement conventionnel, médical, de l’obésité (n = 2 037 patients pris comme témoins).

Cette nouvelle étude, dont les critères d’intérêt étaient la survenue d’un infarctus du myocarde et celle d’un AVC (hémorragiques ou ischémique), fatals et non fatals, a porté sur les 607 patients diabétiques de type 2 à l’entrée dans l’essai. Parmi ces diabétiques, 345 ont bénéficié d’une chirurgie bariatrique (41 % d’hommes ; âge moyen : 49 ± 6 ans ; IMC moyen : 42 ± 5) et 262 ont constitué le groupe sous traitement médical de l’obésité (40 % d’hommes ; âge moyen : 50 ± 6 ans ; IMC moyen : 40 ± 5).

Au bout d’un suivi moyen de 2 années, la chirurgie bariatrique s’est avérée, en comparaison du traitement conventionnel, associée à une réduction significative du poids, de la pression artérielle systolique et diastolique, de la glycémie, de la triglycéridémie (p < 0,001 pour toutes ces associations) et à un accroissement significatif du taux de HDL-cholestérol (p < 0,001), sans différence significative de changement notée entre les 2 groupes pour la cholestérolémie totale.

Sur un suivi moyen de 13,3 années (10,2-16,4 années), 38 infarctus du myocarde ont été recensés chez les 345 patients du groupe avec intervention bariatrique, vs 43 parmi les 262 du groupe témoin (p = 0,017) .

Après ajustements sur les caractéristiques de base et les facteurs de risque traditionnels de maladie cardiovasculaire, l’analyse associe à la chirurgie bariatrique une diminution de l’incidence des infarctus du myocarde (ratio de risque : 0,56 ; Intervalle de confiance à 95 %  0,34-0,93 ; p = 0,025), sans différence significative observée selon le type d’intervention effectuée (gastroplastie verticale, anneau gastrique, by-pass gastrique). L’effet bénéfique sur le risque d’infarctus du myocarde incident était plus marqué chez les patients ayant une cholestérolémie totale et une triglycéridémie plus élevées à l’inclusion.

En revanche, il n’a pas été mis en évidence d’impact significatif de la chirurgie bariatrique sur l’incidence des AVC. Le nombre des AVC relevés était de 34 dans le groupe avec intervention bariatrique, vs 24 dans le groupe témoin (p = 0,852), et le ratio de risque d’AVC incident était de 0,73 (0,41-1,30 ; p = 0,29).

Cette étude (limitée par le caractère non randomisé de la SOS study, choisi pour raisons éthiques liées à la mortalité post-opératoire élevée dans les années 1980) est, selon ses auteurs, la première à rapporter prospectivement, après chirurgie bariatrique, une réduction de l’incidence de l’infarctus du myocarde chez les patients obèses ayant un DT2, mais sans effet bénéfique observé sur le risque d’AVC incident. En attendant la confirmation des effets observés par des essais randomisés contrôlés, sur de longs suivis, les auteurs prônent d’ores et déjà la prise en compte de ces résultats dans les recommandations intéressant la chirurgie bariatrique chez les patients obèses atteints de diabète de type 2.



Dr Julie Perrot


Romeo S et coll. :Cardiovascular events after bariatric surgery in obeses subjects with type 2 diabetes. Diabetes Care, 2012 ; publication avancée en ligne le 1er août (doi: 10.233/dc12-0193).



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