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L’allergie au lait, parfois persistante

Publié le 06/09/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

La fréquence de l’allergie aux protéines du lait de vache (APLV) se situe entre 2 % à 5 %. Le recours à des définitions et de critères diagnostiques variables conduisent à des estimations parfois contradictoires quant à l’évolution. Un mécanisme IgE dépendant est un facteur de risque de persistance bien que la majorité des nourrissons atteints guérissent finalement dans un délai variable.

L’importance des réactions cutanées lors des prick-tests (PT) et du taux des IgE spécifiques semble en rapport avec la durée de l’allergie.

Des auteurs israéliens ont mené une étude prospective dans le but de décrire cette évolution et de déterminer les risques de persistance. Une cohorte de 13 019 nourrissons a été recrutée 3 mois après la naissance, entre 2004 et 2006, dans un seul centre. Les parents ont été invités à contacter les investigateurs après toute réaction en relation possible avec l’ingestion de lait : 381 enfants ont été examinés, 66 ont été présumés allergiques sur l’histoire clinique et les PT. Douze parents ont refusé le test de provocation orale ; 48 enfants ont eu une épreuve positive en moins de 6 heures, en débutant par une première prise de lait de 1 ml dilué au 10ème jusqu’à 120 ml (3,24 g de protéine) ; 6 n’ont pas eu de test en raison d’un choc lors de l’introduction du lait dans le régime. Les réponses ont été considérées positives en cas de signes cutanés, respiratoires, gastro-intestinaux ou systémiques. La guérison a été jugée sur la bonne tolérance au lait dans les 15 jours suivant la réintroduction.
 
Sur les 54 nourrissons, 31 (57,4 %) ont guéri de leur APLV en 48 à 60 mois dont 22 (70,9 %) avant 2 ans. En analyse multivariée, les facteurs de risque d’APLV persistante étaient une réaction avec moins de 10 ml de lait lors du test de provocation - ou en l’absence de test- avec la même quantité estimée à la 1ère prise (P=0,01), une large papule cutanée lors des tests (P=0,014) et l’âge inférieur à un mois lors de la 1ère réaction (P=0,05). Cependant, un diamètre seuil de la papule induite lors des PT au moment du diagnostic n’a pu être établi : avec un seuil de 6 mm la signification statistique n’était pas atteinte (P=0,1).

Au total, les paramètres de risque d’une APLV prolongée identifiés dans cette étude prospective sont cliniques et de fait utilisables en pratique.



Pr Jean-Jacques Baudon


Elizur A et coll. : Natural course and risk factors for persistence of IgE-mediated cow’s milk allergy. J Pediatr 2012;161: 482-7




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