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Risque d’infarctus du myocarde chez le sujet âgé sous antipsychotiques : plus de peur que de mal ?

Publié le 06/09/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Les démences du sujet âgé peuvent s’accompagner d’agitation et d’agressivité et il est alors parfois nécessaire de tenter de les contrôler notamment par la prescription d’antipsychotiques (AP).  Mais quels sont les risques d’un tel traitement en particulier sur le plan cardiovasculaire ? Une étude de cohorte rétrospective du type cas-témoins tente de répondre à cette question, en sachant que ces médicaments ont d’ores et déjà été associés à une augmentation du risque d’accident vasculaire cérébral d’origine ischémique dans ce contexte.

L’étude en question, pour sa part, s’est focalisée sur le risque d’infarctus du myocarde (IDM). L’action se déroule au Canada et la cohorte initiale comptait 37 138 patients âgés atteints d’une démence traitée par les inhibiteurs de la cholinestérase. Le recrutement s’est déroulé entre le 1er janvier 2000 et le 31 décembre 2009. Au sein de cette cohorte, 10 969 patients (29,5 %) vivant tous au sein de la communauté ont reçu des AP dans l’année qui a précédé l’inclusion. Chacun d’entre eux a été apparié à un patient dément pris au hasard et non exposé à  ces médicaments, constituant de ce fait le groupe des témoins. 

Le risque d’IDM a été estimé au moyen du modèle des risques proportionnels selon Cox, avec un ajustement qui a pris en compte les variables suivantes : âge, sexe, facteurs de risque cardiovasculaire, exposition aux psychotropes et scores de propension.  Un IDM est survenu chez 1,3 % des patients exposés aux AP. Le risque relatif (RR) (versus témoins) s’est avéré variable en fonction du temps écoulé par rapport à la prescription :

1) 30 premiers jours : RR=2,19 ;
2) 60 premiers jours : RR=1,62 ;
3) 90 premiers jours : RR=1,36 ;
4) 365 premiers jours : RR=1,15.

En bref, ces résultats émanant d’une étude non contrôlée, ne doivent pas être pris à la lettre. Il faut retenir simplement que l’exposition aux AP n’a qu’une incidence limitée et transitoire sur le risque d’IDM chez les patients âgés atteints d’une démence traitée par les inhibiteurs de la cholinestérase. De là à abuser, il y a bien sûr un fossé à ne pas franchir.  



Dr Philippe Tellier


Pariente A et coll. : Antipsychotic Use and Myocardial Infarction in Older Patients With Treated Dementia. Arch Intern Med. 2012;172:648-653.


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