La prévalence des réactions d’hypersensibilité au paracétamol
mais aussi leur mécanisme sont encore mal connus.
Une étude menée au Royaume-Uni a permis de colliger 32 patients
(30 adultes et 2 enfants, de 9 à 68 ans) chez qui une
hypersensibilité au paracétamol était suspectée : 62 % avaient
présenté une urticaire, 52 % un angio-œdème, 44 % l’association des
2, 16 % un érythème, 9 % une rhinite, 47 % une difficulté
respiratoire (dyspnée, œdème laryngé et/ou sensation de « gorge
serrée » et 9 % une douleur abdominale.
Quatre patients (6 %) ont présenté une hypotension avec perte de
connaissance pour 2 d’entre eux.
Seuls 2 malades (6 %) n’ont pas eu de symptômes cutanés.
Sur les 32 patients explorés, 8 étaient atopiques (soit 25 %) :
ils avaient des prick-tests positifs pour les pollens de graminées
ou d’arbres, les acariens de poussière de maison, les phanères de
chat ou Alternaria.
Trois patients étaient asthmatiques et 6 avaient une
rhino-conjonctivite.
Les prick-tests au paracétamol ont été positifs chez 2 des 21
sujets testés. Ils avaient tous deux une histoire clinique très
évocatrice avec signes cutanés, conjonctivite et toux.
L’IDR (intradermoréaction) au paracétamol était positive chez 1
des 13 patients testés. Celui-ci avait présenté une urticaire
associée à une dyspnée après la prise de 500 mg de paracétamol. Le
prick-test était négatif.
L’hypersensibilité au paracétamol a été confirmée chez 50 % des
sujets soit 16 sur 32.
Un test de provocation oral (TPO) a pu être réalisé dans 31 cas
: il a permis la confirmation du diagnostic pour 15 d’entre eux
(soit 48 %). Le TPO n’a pas été réalisé chez le dernier patient qui
avait présenté une réaction anaphylactique.
Onze des 32 patients explorés avaient une intolérance aux AINS
(sur la foi d’un TPO ou d’une histoire clinique évocatrice).
Sur les 16 allergiques au paracétamol, 4 étaient aussi
intolérants aux AINS alors que les 12 autres les toléraient
parfaitement.
Ce travail confirme que certaines hypersensibilités au
paracétamol sont médiées par les IgE. Une augmentation de la
synthèse des leucotriènes peut être à l’origine d’autres réactions.
Cependant, trois quarts des patients allergiques au paracétamol
toléraient les AINS. Un autre mécanisme intervient donc
certainement.
Dr Geneviève Démonet
Rutkowski K et coll. : Paracetamol Hypersensitivity: Clinical Features, Mechanism and Role of Specific IgE. Int Arch Allergy Immunol., 2012;159: 60–64
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