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Hypersensibilité au paracétamol : un mécanisme IgE est rare mais possible

Publié le 06/09/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

La prévalence des réactions d’hypersensibilité au paracétamol mais aussi leur mécanisme sont encore mal connus.

Une étude menée au Royaume-Uni a permis de colliger 32 patients (30 adultes et 2 enfants, de 9 à 68 ans) chez qui une hypersensibilité au paracétamol était suspectée : 62 % avaient présenté une urticaire, 52 % un angio-œdème, 44 % l’association des 2, 16 % un érythème, 9 % une rhinite, 47 % une difficulté respiratoire (dyspnée, œdème laryngé et/ou sensation de « gorge serrée » et 9 % une douleur abdominale.

Quatre patients (6 %) ont présenté une hypotension avec perte de connaissance pour 2 d’entre eux.

Seuls 2 malades (6 %) n’ont pas eu de symptômes cutanés.

Sur les 32 patients explorés, 8 étaient atopiques (soit 25 %) : ils avaient des prick-tests positifs pour les pollens de graminées ou d’arbres, les acariens de poussière de maison, les phanères de chat ou Alternaria.

Trois patients étaient asthmatiques et 6 avaient une rhino-conjonctivite.

Les prick-tests au paracétamol ont été positifs chez 2 des 21 sujets testés. Ils avaient tous deux une histoire clinique très évocatrice avec signes cutanés, conjonctivite et toux.

L’IDR (intradermoréaction) au paracétamol était positive chez 1 des 13 patients testés. Celui-ci avait présenté une urticaire associée à une dyspnée après la prise de 500 mg de paracétamol. Le prick-test était négatif.

L’hypersensibilité au paracétamol a été confirmée chez 50 % des sujets soit 16 sur 32.

Un test de provocation oral (TPO) a pu être réalisé dans 31 cas : il a permis la confirmation du diagnostic pour 15 d’entre eux (soit 48 %). Le TPO n’a pas été réalisé chez le dernier patient qui avait présenté une réaction anaphylactique.

Onze des 32 patients explorés avaient une intolérance aux AINS (sur la foi d’un TPO ou d’une histoire clinique évocatrice).

Sur les 16 allergiques au paracétamol, 4 étaient aussi intolérants aux AINS alors que les 12 autres les toléraient parfaitement.

Ce travail confirme que certaines hypersensibilités au paracétamol sont médiées par les IgE. Une augmentation de la synthèse des leucotriènes peut être à l’origine d’autres réactions. Cependant, trois quarts des patients allergiques au paracétamol toléraient les AINS. Un autre mécanisme intervient donc certainement.



Dr Geneviève Démonet


Rutkowski K et coll. : Paracetamol Hypersensitivity: Clinical Features, Mechanism and Role of Specific IgE. Int Arch Allergy Immunol., 2012;159: 60–64




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