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Faut-il interdire les édulcorants aux femmes enceintes ?

Publié le 10/09/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

L'influence des édulcorants tels que l'aspartame sur le déroulement de la grossesse est méconnue, les études disponibles ayant aboutit à des résultats contradictoires. Pour enrichir le débat, Englund-Ogge et al. ont examiné au sein d'une cohorte norvégienne (n=60 761 femmes enceintes), la relation entre la consommation de boissons édulcorées allégées en sucre d'une part et de boissons sucrées d'autre part avec le risque d'accouchement prématuré (accouchement survenant avant la fin de la 37ème semaine de grossesse). Un auto-questionnaire alimentaire incluant six questions concernant les boissons sucrées ou allégées était renseigné par les volontaires à la 22ème semaine de gestation. 

Les consommations de boissons sucrées ou allégées édulcorées étaient associées positivement à l'IMC, à l'apport calorique total et au tabagisme. Elles étaient inversement associées au niveau d'étude. Des accouchements prématurés sont survenus chez 5,4 % des femmes (n=3 281). En analyse univariée, ils ont été plus fréquents chez les consommatrices de plus de 3 verres de boissons allégées/j  par rapport à celles qui n'en consomment pas (+22 %). Mais cette augmentation du risque ne persistait pas quand on tenait compte des principaux facteurs confondants (antécédent d'accouchement prématuré, âge maternel, IMC, apport énergétique total, statut marital, tabagisme en cours, niveau d'éducation). En revanche, le risque de l'ensemble des buveuses d'au moins un verre/jour de boissons édulcorées était significativement augmenté (+11 % d'accouchements prématurés) par rapport aux non consommatrices, y compris en analyse multivariée.

En ce qui concerne les boissons sucrées, la relation avec le risque d'accouchement prématuré était encore plus nette. Ainsi, les consommatrices d'au moins un verre/j de boissons sucrées avait un risque augmenté de 25 % par rapport aux femmes qui n'en consommaient pas. Ce sur-risque atteignait +41 % chez les plus grandes "buveuses de sucre" (>3 verres/j). En outre, contrairement aux boissons allégées, il existait une relation dose-effet entre la consommation de boissons sucrées et le risque d'accouchement prématuré.

Pour expliquer un possible rôle délétère des édulcorants pendant la grossesse, certains auteurs avancent l'hypothèse d'un effet du méthanol, formé au cours du métabolisme de l'aspartame. Quant à l'effet des boissons sucrées, il serait lié à l'élévation de la glycémie qu'elles peuvent entraîner.

Ainsi, pour le moment, il n'est pas justifié de délivrer aux femmes enceintes un discours alarmiste concernant les boissons allégées en sucre, surtout si elles sont consommées en quantité raisonnable et en remplacement des boissons sucrées.



Dr Boris Hansel


Englund-Ögge L et coll. : Association between intake of artificially sweetened and sugar-sweetened beverages and preterm delivery: a large prospective cohort study. Am J Clin Nutr., 2012 ; 96 : 552-9.




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