> Accueil JIM > Ischémie gastro-intestinale : un autre profil de risque

Partenaires Partenaire





ACTUALITE MEDICALE

Ischémie gastro-intestinale : un autre profil de risque

Publié le 10/09/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

La prévalence, chez les sujets de plus de 65 ans, des sténoses athéromateuses des artères splanchniques (artère cœliaque et artères mésentériques) est comparable à celle des sténoses coronaires et des artères périphériques. Cependant, à l’inverse de ces autres localisations, le profil de risque des sténoses au niveau des artères splanchniques, entraînant une ischémie gastro-intestinale chronique  (IGIC), est mal connu.  

Ceci a incité à entreprendre une étude pour examiner les facteurs de risque de patients souffrant d’IGIC et les comparer aux facteurs de risque d’athérome (coronarien, artériel périphérique et cérébral) classiques.  Sur  375 patients consécutifs analysés entre avril 2003 et septembre 2007, 97 étaient atteints d’une IGIC, mais dans 7 cas, il manquait des données, de sorte que l’effectif a été in fine ramené à 90. L’âge moyen a été estimé à 63 ans, les extrêmes étant de 28 et 86 ans.

Dans 74 % des cas, il s’agissait de sujets de sexe féminin, une notion inhabituelle. Chez 59 % des patients, l’ICIG étaient associée à d’autres localisations artérielle, qu’il s’agisse du réseau coronaire, de la circulation cérébrale ou encore des artères périphériques, notamment celles des membres inférieurs. Un tabagisme chronique a été mis en évidence chez 57 % des malades, un indice de masse corporelle concernait 21 % des patients (ce qui est peu) et 53 % avaient une hypercholestérolémie, avec notamment élévation des taux plasmatiques du LDL-cholestérol. La prévalence de l’hypertension artérielle a été estimée à 62 % et celle du diabète type 1 ou 2 à 21 % (ce qui est  peu là aussi).

L’IGIC semble se distinguer des autres localisations de l’athéromatose plurifocale. Outre sa rareté apparente, elle surviendrait le plus souvent chez des femmes. La prévalence de l’obésité ou de la surcharge pondérale serait faible, de même que celle du diabète, de l’hypertension artérielle ou encore de l’hypercholestérolémie. A quoi tiendraient ces particularités ? Peut-être au fait que l’ischémie splanchnique est rythmée par les repas, ce qui conduirait à une diminution des apports caloriques, par crainte de déclencher des symptômes post-prandiaux pénibles.



Dr Philippe Tellier


Veenstra RP et coll. : The cardiovascular risk profile of atherosclerotic gastrointestinal ischemia is different from other vascular beds. Am J Med 2012 ; 125 : 394-398.



IMPRIMER ENVOYER A UN CONFRERE REAGIR ENREGISTRER DANS MA BIBLIOTHEQUE TAILLE DU TEXTE

Vos réactions