La prévalence, chez les sujets de plus de 65 ans, des sténoses
athéromateuses des artères splanchniques (artère cœliaque et
artères mésentériques) est comparable à celle des sténoses
coronaires et des artères périphériques. Cependant, à l’inverse de
ces autres localisations, le profil de risque des sténoses au
niveau des artères splanchniques, entraînant une ischémie
gastro-intestinale chronique (IGIC), est mal
connu.
Ceci a incité à entreprendre une étude pour examiner les
facteurs de risque de patients souffrant d’IGIC et les comparer aux
facteurs de risque d’athérome (coronarien, artériel périphérique et
cérébral) classiques. Sur 375 patients consécutifs
analysés entre avril 2003 et septembre 2007, 97 étaient atteints
d’une IGIC, mais dans 7 cas, il manquait des données, de sorte que
l’effectif a été in fine ramené à 90. L’âge moyen a été estimé à 63
ans, les extrêmes étant de 28 et 86 ans.
Dans 74 % des cas, il s’agissait de sujets de sexe féminin, une
notion inhabituelle. Chez 59 % des patients, l’ICIG étaient
associée à d’autres localisations artérielle, qu’il s’agisse du
réseau coronaire, de la circulation cérébrale ou encore des artères
périphériques, notamment celles des membres inférieurs. Un
tabagisme chronique a été mis en évidence chez 57 % des malades, un
indice de masse corporelle concernait 21 % des patients (ce qui est
peu) et 53 % avaient une hypercholestérolémie, avec notamment
élévation des taux plasmatiques du LDL-cholestérol. La prévalence
de l’hypertension artérielle a été estimée à 62 % et celle du
diabète type 1 ou 2 à 21 % (ce qui est peu là aussi).
L’IGIC semble se distinguer des autres localisations de
l’athéromatose plurifocale. Outre sa rareté apparente, elle
surviendrait le plus souvent chez des femmes. La prévalence de
l’obésité ou de la surcharge pondérale serait faible, de même que
celle du diabète, de l’hypertension artérielle ou encore de
l’hypercholestérolémie. A quoi tiendraient ces particularités ?
Peut-être au fait que l’ischémie splanchnique est rythmée par les
repas, ce qui conduirait à une diminution des apports caloriques,
par crainte de déclencher des symptômes post-prandiaux
pénibles.
Dr Philippe Tellier
Veenstra RP et coll. : The cardiovascular risk profile of atherosclerotic gastrointestinal ischemia is different from other vascular beds. Am J Med 2012 ; 125 : 394-398.
Copyright © http://www.jim.fr
 |
Vos réactions |