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Avantages de la thyroïdectomie totale dans les goitres multinodulaires bilatéraux

Publié le 10/09/2012   |  1 réaction Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

La chirurgie thyroïdienne itérative (CTI) fait planer un risque doublé à triplé de complications : hypoparathyroïdisme, paralysie récurrentielle (PR) gravissime si bilatérale car menaçant alors de défaillance respiratoire avec trachéotomie définitive. Or, il n’y a plus de CTI si, lors de la première intervention pour goitre multinodulaire bilatéral (GMB), on a procédé à une thyroïdectomie totale (TT) et non à une thyroïdectomie subtotale (TS) ; en effet, le risque de développer une récidive à partir d’un moignon thyroïdien ectopique est < 1 %.

Les auteurs australiens, propagandistes de cette approche depuis 30 ans, font le point aujourd’hui. Ils ont repris leurs interventions thyroïdiennes pratiquées de 1987 à 2009 pour GMB, en comparant les réinterventions bilatérales (après TS bilatérale), unilatérales (après lobectomie + TS controlatérale) et les TT d’emblée. Les indications comprenaient des signes de compression, des signes de thyrotoxicose ou une suspicion de cancer à la cytoponction d’un nodule suspect, mais les cancers avérés ont été exclus de l’étude. Tous les malades ont été suivis en postopératoire (laryngoscopie, calcémie, dosage de la parathormone).

Durant les 23 ans de l’étude, 3 298 TT ont été pratiquées pour GMB  (représentant un gros un tiers de l’activité thyroïdienne du service) ; pendant cette période, 1 055 sujets ont, pour diverses raisons, choisi de conserver une partie de leur glande : 1 024 ont eu une lobectomie et 31 une TS bilatérale.
Dans ce même laps de temps, les auteurs ont pratiqué 528 CTI, dont 191 bi- et 337 unilatérales. Les patients ayant eu une CTI sont significativement plus âgés que ceux opérés de TT initiale (58 vs 55 ans) et la prédominance des femmes y est encore plus flagrante (17 fois plus de femmes que d’hommes, ce sex-ratio n’étant que de 7/1 pour les TT d’emblée).

Le taux des CTI après chirurgie bilatérale n’a cessé de décliner au fil du temps, passant de 5 % en 1989 à 0,5 % en 2009, et encore s’agissait-il de sujets opérés ailleurs qu’à Sidney et plusieurs décennies auparavant, ce qui laisse flotter un doute sur la nature de l’intervention initiale.

Enfin, on constate une tendance à une incidence majorée des PR tant transitoires que permanentes après CTI si on les compare à leur taux après TT, et une incidence significativement plus marquée des incidents infectieux (2,1 vs 0,6 %).

La stratégie de thyroïdectomie totale de principe dans les goitres multinodulaires bilatéraux met à l’abri de réinterventions hasardeuses.



Dr Jean-Fred Warlin


Vasica G et coll. : Reoperative surgery for bilateral multinodular goitre in the era of total thyroidectomy. Brit J Surg., 2012; 99: 688-692.




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Vos réactions

Dans le tiers monde

Le 30 septembre 2012

Cette intervention est très délicate du fait de La vascularisation et du nerf récurrent.
Une thyroïdectomie totale imoose la prise de médicaments à vie ce qui peut poser problème surtout dans le 1/3 monde. Elle nécessite une connaissance parfaite de l'anatomie du cou, parce que après ouverture la thyroïdectomie partielle ou totale ne doit être pratiquée qu'après avoir vu les récurrents. Nous pratiquons une partielle sauf en cas de cancer.

Guidèrè Timbely (Bamako)

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