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Quel rôle pour les virus dans les pneumonies graves ?

Publié le 10/09/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Les virus, à l’exception notable de ceux de la grippe, ne sont traditionnellement pas considérés comme des causes d’infections respiratoires graves chez l’adulte. Cependant, certains travaux, utilisant une technique basée sur la Polymerase Chain Reaction (PCR), retrouvent une présence de virus dans 13,5 à 56,2 %  des cas au cours des pneumonies communautaires. Ces études sont basées sur un isolement dans les sécrétions nasopharyngées, recueillies par écouvillonage ou aspiration, ce qui en limite la portée.

Une équipe coréenne s’est intéressée à la place des agents viraux chez les patients adultes avec une pneumonie nécessitant l’admission en unité de soins intensifs (USI).

Ce travail analyse une cohorte de malades atteints de pneumonie grave communautaire  ou de pneumonie associée aux soins, et hospitalisés dans une  USI de 28 lits sur une période de un an.

Un total de 198 patients (64 avec une pneumonie communautaire et  134 avec une pneumonie associée aux soins) ont été inclus. Parmi eux ,115
(58,1 %) ont eu une bronchoscopie  avec lavage broncho-alvéolaire (LBA), et 104 de ces LBA ont été testés pour les virus respiratoires par  reverse transcriptase  PCR (RT-PCR). Un prélèvement du nasopharynx  a été réalisé chez 159 patients (84,1 %) et  également examiné par RT-PCR. 

Soixante et onze patients (35,9 %)  souffrent d’infections bactériennes et  72 (36,4 %) ont une infection virale. Parmi ces virus, le rhinovirus a été le plus souvent  isolé (23,6 %), suivi par le virus parainfluenza (20,8 %), le metapneumovirus humain  (18,1 %), le virus de la grippe (16,7 %), et le virus respiratoire syncytial (13,9 %). Le virus respiratoire syncytial est significativement plus fréquent dans le groupe des pneumonies communautaires (10,9 %) par rapport aux pneumonies acquises à l’hôpital (2,2 %) ( p=0,01). Les taux de mortalité, qu’il s’agisse d'infections bactériennes, d’infections virales ou de co-infections bactériennes et virales ne sont pas significativement différents : on relève des taux de mortalité de 25,5 %, de 26,5 %, et de 33,3 %, respectivement, p=0,82).

Ces résultats suggèrent donc que les infections virales peuvent être la cause de pneumonies graves, nécessitant une admission en USI, avec des taux de mortalité comparables aux infections bactériennes.

La prévalence et les virus responsables devront être précisés par d’autres travaux. Ces constatations posent  de plus le problème de leurs implications pratiques. En effet, le développement des traitements antiviraux est actuellement largement dépassé par les progrès microbiologiques en détection virale. Restent les  mesures préventives dont notamment le contrôle attentif de la transmission de ces agents viraux, surtout à l’hôpital.



Dr Béatrice Jourdain


Choi S et coll. : Viral Infection in Patients with Severe Pneumonia Requiring Intensive Care Unit Admission. Am J Respir Crit Care Med., 2012 ; 186 : 325–332.


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