Le surpoids et l’obésité sont des facteurs de risque reconnus de
maladies coronariennes. Cependant une fois la maladie
diagnostiquée, le pronostic semble plus favorable à court et à
moyen terme pour les patients en surpoids que pour les plus minces.
Cette situation, où l’obésité semble protéger les patients victime
d’un syndrome coronarien aigu (SCA) a été qualifiée de «
paradoxe de l’obésité ». Les études étant loin
d’être unanimes à ce sujet, le débat reste ouvert sur ce supposé
paradoxe.
Dans ce contexte, cette étude s’est fixé pour objectif d’évaluer
la relation entre indice de masse corporelle (lMC) et mortalité
pendant l’hospitalisation de patients admis pour SCA.
Au total, 834 patients âgés en moyenne de 65 ans admis entre
2009 et 2010 pour SCA ont été inclus dans l’étude. Trente-huit
variables étaient disponibles concernant ces malades : les facteurs
de risque cardiovasculaire classiques (tabac, diabète de type 2
[DT2]…), les antécédents médicaux, le statut du patient à
l’admission (TA, troponine, ECG…), ainsi que sa prise en charge
(coronarographie suivie d’une éventuelle revascularisation).
En analyse mutivariée, l’IMC ressort comme un facteur protecteur
de la mortalité pendant l’hospitalisation avec un odds ratio à
0,74, p<0,006.
Par catégorie d’IMC, la mortalité chez les patients minces (IMC
< 25 Kg/m²), en surpoids (IMC=25-30 Kg/m²) et obèses (IMC>30
Kg/m²) ressort à 6,1 %, 3,1 % et 4,1 % respectivement, cette
tendance n’étant cependant pas statistiquement significative.
Selon les auteurs, cette étude confirme une fois de plus
l’existence d’un paradoxe de l’obésité, dans le sens où un IMC
élevé est associé à une mortalité plus faible. De plus, l’incidence
du DT2, d’antécédents cardiovasculaires, de BPCO et d’un score TIMI
faible chez les patients en excès pondéral n’a pas suffi à
augmenter leur risque de mortalité, ce qui semble également
paradoxal.
Le mécanisme derrière ce paradoxe reste à élucider d’autant plus
qu’une méta analyse incluant plus de 250 000 patients (Romero et
al. Lancet 2006) a montré que cette tendance « protectrice
» s’inversait pour les IMC ≥ 35 Kg/m². En attendant des
éclaircissements, il ne faut pas oublier qu’environ 40 % des
épisodes coronariens sont attribués à l’excès pondéral !
Dr Rodi Courie
Camprubi M et coll. : Body mass index and hospital mortality in patients with acute coronary syndrome receiving care in a university hospital. J Obes., 2012; 2012: 287939.
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