Les patients diabétiques ont un risque estimé à 15 à 25 %
d’avoir un ulcère du pied au cours de leur vie. L’ostéomyélite est
la plus grave complication, touchant environ 20 % des malades
présentant un ulcère du pied. Sa détection précoce est cruciale
pour mettre rapidement en place le traitement approprié, seul
capable de diminuer ou d’empêcher la probabilité d’une
amputation. Or le diagnostic de cette complication reste
difficile, la présentation clinique étant souvent trompeuse, les
signes radiologiques fréquemment retardés et la biopsie pas
toujours faisable. L’imagerie moléculaire peut alors être ici d’un
grand secours et en particulier la TEP-TDM après injection de
déoxyglucose marqué par le fluor 18 (18F-FDG), émetteur de
positons. C’est ce qu’illustrent les résultats d’une petite étude
de cohorte prospective dans laquelle ont été inclus 39 patients
(dont 29 hommes, âge moyen = 57 ans ; extrêmes, 28-71 ans). Il
existait au total 46 sites anatomiques suspects d’ostéomyélite au
niveau de leurs pieds.
Le diabète, dans la majorité des cas, était de type 2 (38/39) et
une insulinothérapie était en cours chez 28 participants. Une
FDG-TEP-TDM a été réalisée dans tous les cas et les foyers
hypermétaboliques au niveau des pieds ont été à la fois décrits
visuellement et quantifiés à l’aide du SUVmax (standardized uptake
value). Ces données scintigraphiques ont été confrontées au
diagnostic final établi sur les analyses histopathologiques et
bactériologiques des prélèvements chirurgicaux, mais aussi sur le
suivi clinique et en imagerie. Une ostéomyélite a été correctement
diagnostiquée sur 18 sites et éliminée à bon escient sur 21
autres.
Sur 20 lésions osseuses caractérisées par une augmentation
focale du SUVmax, deux se sont avérées être des faux-positifs, de
fait sans autre argument en faveur d’un diagnostic
d’ostéomyélite.
Cinq sites étaient caractérisés par une augmentation diffuse de la
fixation du FDG impliquant au moins un os du pied en TDM. Ce cas de
figure correspondait dans tous les cas à une ostéo-arthropathie
diabétique correctement diagnostiquée par la FDG-TEP-TDM. Cette
dernière a identifié une ostéomyélite avec une sensibilité de 100
%, une spécificité de 92 % et une exactitude de 95 %, selon
l’analyse par patients. Les chiffres correspondants pour l’analyse
des lésions ont été respectivement de 100 %, 93 % et 96 %.
En bref, les résultats de cette petite étude de cohorte
prospective laissent à penser que la FDG-TEP-TDM est une technique
performante dans l’évaluation du pied diabétique, capable
d’identifier les infections osseuses aiguës ou subaiguës. Les
images de fusion couplant TEP et TDM semblent s’avérer précieuses
quand il s’agit de différencier une authentique ostéomyélite d’une
infection confinée aux parties molles du pied.
Dr Philippe Tellier
Kagna O et coll. : FDG PET/CT imaging in the diagnosis of osteomyelitis in the diabetic foot. Eur J Nucl Med Mol Imaging. 2012 ; publication avancée en ligne. DOI 10.1007/s00259-012-2183-z
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