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L’imagerie moléculaire pour le diagnostic d’ostéomyélite compliquant un ulcère du pied diabétique

Publié le 11/09/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Les patients diabétiques ont un risque estimé à 15 à 25 % d’avoir un ulcère du pied au cours de leur vie. L’ostéomyélite est la plus grave complication, touchant environ 20 % des malades présentant un ulcère du pied. Sa détection précoce est cruciale pour mettre rapidement en place le traitement approprié, seul capable  de diminuer ou d’empêcher la probabilité d’une amputation.  Or le diagnostic de cette complication reste difficile, la présentation clinique étant souvent trompeuse, les signes radiologiques fréquemment retardés et la biopsie pas toujours faisable. L’imagerie moléculaire peut alors être ici d’un grand secours et en particulier la TEP-TDM après injection de déoxyglucose marqué par le fluor 18 (18F-FDG), émetteur de positons. C’est ce qu’illustrent les résultats d’une petite étude de cohorte prospective dans laquelle ont été inclus 39 patients (dont 29 hommes, âge moyen = 57 ans ; extrêmes, 28-71 ans). Il existait au total 46 sites anatomiques suspects d’ostéomyélite au niveau de leurs pieds.

Le diabète, dans la majorité des cas, était de type 2 (38/39) et une insulinothérapie était en cours chez 28 participants. Une FDG-TEP-TDM a été réalisée dans tous les cas et les foyers hypermétaboliques au niveau des pieds ont été à la fois décrits visuellement et quantifiés à l’aide du SUVmax (standardized uptake value). Ces données scintigraphiques ont été confrontées au diagnostic final établi sur les analyses histopathologiques et bactériologiques des prélèvements chirurgicaux, mais aussi sur le suivi clinique et en imagerie. Une ostéomyélite a été correctement diagnostiquée sur 18 sites et éliminée à bon escient sur 21 autres.

Sur 20 lésions osseuses caractérisées par une augmentation focale du SUVmax, deux se sont avérées être des faux-positifs, de fait sans autre argument en faveur d’un diagnostic d’ostéomyélite.
Cinq sites étaient caractérisés par une augmentation diffuse de la fixation du FDG impliquant au moins un os du pied en TDM. Ce cas de figure correspondait dans tous les cas à une ostéo-arthropathie diabétique correctement diagnostiquée par la FDG-TEP-TDM. Cette dernière a identifié une ostéomyélite avec une sensibilité de 100 %, une spécificité de 92 % et une exactitude de 95 %, selon l’analyse par patients. Les chiffres correspondants pour l’analyse des lésions ont été respectivement de 100 %, 93 % et 96 %.

En bref, les résultats de cette petite étude de cohorte prospective laissent à penser que la FDG-TEP-TDM est une technique performante dans l’évaluation du pied diabétique, capable d’identifier les infections osseuses aiguës ou subaiguës. Les images de fusion couplant TEP et TDM semblent s’avérer précieuses quand il s’agit de différencier une authentique ostéomyélite d’une infection confinée aux parties molles du pied.



Dr Philippe Tellier


Kagna O et coll. : FDG PET/CT imaging in the diagnosis of osteomyelitis in the diabetic foot. Eur J Nucl Med Mol Imaging. 2012 ; publication avancée en ligne. DOI 10.1007/s00259-012-2183-z




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