L’allergie au nickel est plus fréquente chez la femme que chez
l’homme. Elle est alors souvent en relation avec une exposition aux
bijoux ou au métal des vêtements.
Chez l’homme, le contact sensibilisant est différent, parfois
professionnel. Une certaine obstination peut être nécessaire à
l’identification du coupable…
C’est ce que montre une observation originale rapportée par une
équipe danoise.
Il s’agit d’un homme de 54 ans n’ayant aucun antécédent de
dermatite atopique qui a développé un eczéma de la pulpe des doigts
de la main gauche.
Ce patient fabriquait et vendait des guitares électriques tout
en jouant lui-même de la guitare dans un groupe professionnel. Les
doigts de la main gauche étaient ainsi en contact avec les cordes
métalliques.
Des tests épicutanés ont été réalisés à l’aide de la batterie
standard européenne : le test au nickel était positif (++) au
troisième jour.
Le test au dimétylglyoxime étant négatif sur les cordes de
guitare fournies par le patient, une exploration complémentaire a
été mise en place.
Le patient a procuré 3 types différents de cordes de guitare
qu’il avait l’habitude d’utiliser (toutes de marque Fender). Le
test au dimétylglyoxime étant toujours négatif pour toutes
les cordes, elles ont été analysées par microscopie
électronique-spectroscopie à dispersion d’énergie : le noyau
central de toutes les cordes était composé de 97 à 100 % de
fer.
La libération de nickel par les cordes a par la suite été
recherchée après immersion pendant une semaine dans de la sueur
artificielle à un pH de 6,5. Le nickel libéré était en dessous de
la limite de détection d’un spectrophotomètre d’absorption
atomique.
Un nouveau test a été pratiqué avec une sueur plus agressive :
pH plus bas (4,8), concentration plus élevées en chlorure de sodium
(0,9 %) et en séparant l’enveloppe de la partie centrale de la
corde.
Une corde en nickel pur a servi de référence.
Le test a duré 3 jours.
La libération de nickel était alors de 20 à 53
µg/cm2/3 jours.
Les cordes de guitare correspondaient bien aux normes de
régulation européennes puisqu’elles libéraient moins de 0,044
µg/cm2/3 semaine mais ce n’était plus le cas
lorsqu’elles étaient en contact avec une sueur « agressive »…
Dr Geneviève Démonet
Friis UF et coll. : Allergic nickel dermatitis caused by playing the guitar: case report
and assessment of nickel release from guitar strings. Contact Dermatitis 2012 ; 67 : 101-103
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