La revascularisation myocardique fait désormais partie
intégrante du traitement de l’infarctus du myocarde (IDM).
Dans quelle mesure, la prise en charge actuelle de l’IDM
a-t-elle amélioré son pronostic à long terme ?
Pour répondre à cette question, Okura O et coll. ont revu les
données d’un registre prospectif tenu au Heart Institute of
Japan et dans ses 17 Centres ; il regroupait 3 021 patients
(âge moyen : 69 ans ; hommes : 70,7 %) qui y avaient été
hospitalisés pour un IDM aigu et avaient ensuite été suivis,
dans le but d’évaluer l’incidence, sur le long terme,
de la mortalité totale.
Sur les 3 021 patients, 629 patients (20,8 %) avaient fait
un IDM sans sus-décalage du segment ST.
A la phase aiguë, un traitement thrombolytique avait été
institué chez 16,3 % des patients. Une angioplastie coronaire
avait été faite chez 58,1 % des patients, respectivement chez
72,5 % et 36,6 % des IDM avec et sans sus-décalage du segment
ST.
Pendant l’hospitalisation initiale, 285 patients
(9,4 %) sont décédés ; 2 736 patients (90,6 %) sont sortis vivants
de l’hôpital.
Au cours d’un suivi d’en moyenne 4,3 ans, 434/2 736
patients (15,9 %) sont décédés dont 250 (57,6 %) de
cause non-cardiaque. La mortalité totale à 6 mois, 1,
2, 3 et 4 ans est respectivement de 3,7 %, 5,7 %, 9,0 %, 11,8 % et
14,3 %.
Comparés aux patients qui avaient fait un IDM avec sus- décalage
du segment ST, ceux qui avaient fait un IDM sans sus-décalage
ont présenté davantage d’événements CV graves.
Ont été reconnus comme étant des facteurs de plus mauvais
pronostic, un âge avancé et un IDM sans sus-décalage du segment
ST.
En analyse multivariée, un diabète, la présence d’une
insuffisance cardiaque (classe fonctionnelle Killip ≥ 2) à la
phase aiguë de l’IDM, un taux de créatininémie ≥ 12 mg/l, un
âge avancé ≥ 70 ans mais surtout ≥ 80 ans au moment de
la survenue de l’IDM , se sont avérés être des facteurs
prédictifs indépendants d’une évolution défavorable (hazard
ratios, respectifs : 1,07, 2,53, 1,89, 2,50 et 6,80).
En conclusion, cette étude réalisée au Japon à l’ère de la
revascularisation myocardique effectuée en phase aiguë, montre que
le pronostic de l’IDM à long terme s’est amélioré ; elle souligne
qu’une large proportion des décès tardifs n’est pas liée à
une cause cardiaque. Au vu des facteurs de
mauvais pronostic individualisés, il paraît important de veiller à
ce qu’un traitement tout particulièrement optimal soit
proposé aux sujets âgés, aux diabétiques et aux patients qui
présentent un IDM sans sus-décalage du segment ST.
Dr Robert Haïat
Okura O et coll.: Long-term prognosis of patients with acute myocardial infarction in the era of acute revascularization (from the Heart Institute of Japan Acute Myocardial Infarction [HIJAMI] registry. Intern J Cardiol., 2012; 159: 205–210.
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