> Accueil JIM > Longtemps après l’infarctus, on ne meurt pratiquement plus de cause cardiaque !

Partenaires Partenaire





ACTUALITE MEDICALE

Longtemps après l’infarctus, on ne meurt pratiquement plus de cause cardiaque !

Publié le 17/09/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

La revascularisation myocardique fait désormais  partie intégrante du traitement de l’infarctus du myocarde (IDM).

Dans quelle mesure, la prise en charge actuelle  de l’IDM a-t-elle amélioré son pronostic à long terme ?

Pour répondre à cette question, Okura O et coll. ont revu les données d’un registre prospectif tenu au  Heart Institute of Japan et dans ses 17 Centres ; il regroupait  3 021 patients (âge moyen : 69 ans ; hommes : 70,7 %) qui y avaient été hospitalisés pour un IDM aigu et  avaient ensuite été suivis, dans le but d’évaluer l’incidence, sur le long terme,  de  la mortalité totale.

Sur les 3 021 patients, 629 patients  (20,8 %) avaient fait un IDM sans sus-décalage du segment ST.

A la phase aiguë, un traitement thrombolytique avait été institué chez 16,3 % des patients.  Une angioplastie coronaire avait été faite chez  58,1 % des patients, respectivement chez 72,5 % et 36,6 % des IDM avec et sans sus-décalage du segment ST.

Pendant l’hospitalisation initiale,   285 patients (9,4 %) sont décédés ; 2 736 patients (90,6 %) sont sortis vivants de l’hôpital.

Au cours d’un suivi d’en moyenne 4,3 ans,  434/2 736 patients (15,9 %) sont décédés dont  250 (57,6 %) de cause  non-cardiaque. La mortalité totale  à 6 mois, 1, 2, 3 et 4 ans est respectivement de 3,7 %, 5,7 %, 9,0 %, 11,8 % et 14,3 %.

Comparés aux patients qui avaient fait un IDM avec sus- décalage du segment ST, ceux qui avaient fait un IDM sans  sus-décalage ont présenté davantage d’événements CV graves.

Ont été reconnus comme étant des facteurs de plus mauvais pronostic, un âge avancé et un IDM sans sus-décalage du segment ST.

En analyse multivariée,  un diabète, la présence d’une insuffisance cardiaque (classe fonctionnelle Killip  ≥ 2) à la phase aiguë de l’IDM, un taux de créatininémie  ≥ 12 mg/l, un âge avancé ≥ 70 ans mais surtout  ≥ 80 ans  au moment de la survenue de l’IDM ,   se sont avérés être des facteurs prédictifs indépendants d’une évolution défavorable  (hazard ratios, respectifs : 1,07, 2,53, 1,89, 2,50 et 6,80).

En conclusion, cette étude réalisée au Japon à l’ère de la revascularisation myocardique effectuée en phase aiguë, montre que le pronostic de l’IDM à long terme s’est amélioré ; elle souligne qu’une large proportion  des décès tardifs n’est pas liée à une   cause cardiaque.  Au vu des facteurs de mauvais pronostic individualisés, il paraît important de veiller à ce qu’un  traitement  tout particulièrement optimal soit proposé aux sujets âgés,  aux diabétiques et aux patients qui présentent un IDM sans sus-décalage du segment ST.



Dr Robert Haïat


Okura O et coll.: Long-term prognosis of patients with acute myocardial infarction in the era of acute revascularization (from the Heart Institute of Japan Acute Myocardial Infarction [HIJAMI] registry. Intern J Cardiol., 2012; 159: 205–210.




IMPRIMER ENVOYER A UN CONFRERE REAGIR ENREGISTRER DANS MA BIBLIOTHEQUE TAILLE DU TEXTE

Vos réactions