L’apport de l’imagerie dans les affections neurodégénératives
est de plus en plus considérable. Loin de nous le temps du scanner
cérébral des années 70…Désormais, ce sont l’IRM et la TEP
(tomographie par émission de positons qui volent au secours de
l’examen neurologique, en sachant que ce dernier reste l’une des
pierres angulaires du diagnostic positif des démences type
Alzheimer (DTA) ou encore du déficit cognitif léger (DCL). Aux
Etats-Unis comme dans beaucoup de pays industrialisés, la tendance
est à recommander l’IRM et la TEP pour détecter précocement ces
affections neurodégénatives.
L’accumulation de la protéine Aβ et les lésions neuronales
dégénératives sont des biomarqueurs de la maladie d’ores et déjà
accessibles à l’imagerie in vivo. L’IRM est depuis longtemps
impliquée au travers de l’évaluation du volume hippocampique dont
la diminution est mesurable avec une bonne précision. A côté de
l’imagerie morphologique, il y a l’imagerie moléculaire dont la
progression est subordonnée à la découverte de nouveaux
radiopharmaceutiques.
Le [(18) F]-flutémétamol fait partie de ceux-ci dans la mesure
où il appartient à une nouvelle classe de médicaments à visée
diagnostique, en l’occurrence, celle des marqueurs des plaques
amyloïdes spécifiquement conçus pour les DTA.
Le couplage de l’IRM et de la TEP peut-il s’avérer contributif
dans un tel contexte ? C’est à cette question que tente de répondre
une étude de cohorte transversale, puis prospective dans
laquelle ont été inclus 72 sujets répartis en trois groupes : celui
des DTA avérées (n=27), un autre composé de volontaires sains
(n=25) et le dernier de patients atteints d’un DCL. Le suivi à long
terme après le bilan initial a été de deux années. La segmentation
de l’hippocampe en IRM a reposé sur une méthode totalement
automatique et il en a été de même pour le calcul du SUV
(standardized uptake value) au niveau du néocortex.
Il y avait beaucoup de chevauchements entre les volumes
hippocampiques mesurés par l’IRM chez les témoins et les patients
avec DTA alors que les SUV de la TEP différenciaient clairement les
deux groupes. Pour ce qui est du DCL, les SUV suivaient une
distribution bimodale. Un SUV anormal a été associé à une grande
variabilité des volumes hippocampiques ce qui témoignerait de
l’existence de divers stades de lésions neurodégénatives dans le
groupe hétérogène des patients atteints d’un DCL. Cependant un SUV
normal dans le groupe DCL a été associé, dans certains cas, à des
volumes hippocampiques bien au-dessous de la borne inférieure de
l’intervalle de normalité.
Au terme des deux années de suivi, neuf participants du groupe
DCL ont développé une DTA et huit d’entre eux provenaient du groupe
caractérisé par un SUV anormal. Ces résultats encourageants
méritent d’être confirmés par des études longitudinales de plus
grande envergure.
Dr Philippe Tellier
Thurfjell L et coll. Combination of biomarkers: PET [18F]flutemetamol imaging and structural MRI in dementia and mild cognitive impairment. Neurodegener Dis. 2012;10 :246-9.
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