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N’arrêtez pas la réa : c’est son anniversaire !

Publié le 18/09/2012   |  1 réaction Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Les arrêts ou les limitations de soins en réanimation sont fondés sur des critères objectifs mais également subjectifs. Des études ont ainsi identifié l’existence de biais lors de la décision de passage en situation palliative, liés au médecin ou aux traitements mis en œuvre  ou encore au patient ou à sa famille. Certaines dates apparaissent sensibles à cet égard. Par exemple, la date de son anniversaire pourrait influencer le jour du décès d’un malade : une étude menée sur des joueurs de base-ball célèbres a montré qu’ils meurent plus souvent juste après leur anniversaire que ne le veut la seule raison statistique.

Une équipe s’est interrogée sur l’importance de cet évènement dans la prise en charge des malades de réanimation. Il s’agit d’une étude cas-témoins dans laquelle les patients passant leur anniversaire en unité de soins intensifs (les cas) ont été appariés à des contrôles selon le sexe, l'âge, le score de gravité, le type d’admission et la durée de séjour en réanimation. Douze unités de soins intensifs en France ont participé à ce travail.

Par rapport aux 1 042 contrôles, la seule différence significative concernant les 223 cas est une proportion plus grande de polytraumatismes (7 % par rapport à 6 % dans le groupe contrôle, p=0,04). Une augmentation de l'intensité des soins est décelée après la date anniversaire, mais pas avant, dans le groupe des cas. La mortalité en réanimation et la mortalité hospitalière sont équivalentes dans  les deux groupes. Des décisions de soins palliatifs sont  prises dans 22 % et 24 % des cas et des contrôles, respectivement. Cependant, cette orientation se fait plus tard dans le groupe des cas  (18 jours de médiane ; intervalle de 5 à 33 jours) par rapport au groupe témoin (9 jours ; intervalle de 3 à 19 jours).

Ces résultats suggèrent que les patients qui passent leur anniversaire en réanimation reçoivent plus de soins sans nette amélioration de leur survie. Il convient toutefois de rester prudent dans l’interprétation de l’association statistique entre « l’effet anniversaire » et l’augmentation de la charge en soins et le retard à la décision de passage en soins palliatifs. La majoration des thérapeutiques survient plutôt après la date anniversaire, ce qui va à l’encontre de l’hypothèse d’une intensification thérapeutique médicale intentionnelle, pour que le patient passe ce cap. D’autre part, les médecins sont attentifs à l’âge mais pas toujours à la date de naissance précise, sauf quand elle est proche de leur propre anniversaire ! Reste l’importance d’être prévenus du risque de prolongation des soins dans de tels cas.



Dr Béatrice Jourdain


Azoulay E et coll. : Increased nonbeneficial care in patients spending their birthday in the ICU. Intensive Care Med., 2012; 38:1169–1176




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Vos réactions

Pas d’intérêt scientifique

Le 25 septembre 2012

Ce sujet n'a pas d’intérêt scientifique tant qu'il n'y a pas de relation de cause à effet entre l'efficacité de la réanimation et la date de naissance de la personne sauf l'age avancé et la gravité de la pathologie. Mais comme sujet d'information pour les personnes hors secteur médical ça peut être intéressant.

Dr Mkadmini Taha

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