Les arrêts ou les limitations de soins en réanimation sont
fondés sur des critères objectifs mais également subjectifs. Des
études ont ainsi identifié l’existence de biais lors de la décision
de passage en situation palliative, liés au médecin ou aux
traitements mis en œuvre ou encore au patient ou à sa
famille. Certaines dates apparaissent sensibles à cet égard. Par
exemple, la date de son anniversaire pourrait influencer le jour du
décès d’un malade : une étude menée sur des joueurs de base-ball
célèbres a montré qu’ils meurent plus souvent juste après leur
anniversaire que ne le veut la seule raison statistique.
Une équipe s’est interrogée sur l’importance de cet évènement
dans la prise en charge des malades de réanimation. Il s’agit d’une
étude cas-témoins dans laquelle les patients passant leur
anniversaire en unité de soins intensifs (les cas) ont été appariés
à des contrôles selon le sexe, l'âge, le score de gravité, le type
d’admission et la durée de séjour en réanimation. Douze unités de
soins intensifs en France ont participé à ce travail.
Par rapport aux 1 042 contrôles, la seule différence
significative concernant les 223 cas est une proportion plus grande
de polytraumatismes (7 % par rapport à 6 % dans le groupe contrôle,
p=0,04). Une augmentation de l'intensité des soins est décelée
après la date anniversaire, mais pas avant, dans le groupe des cas.
La mortalité en réanimation et la mortalité hospitalière sont
équivalentes dans les deux groupes. Des décisions de soins
palliatifs sont prises dans 22 % et 24 % des cas et des
contrôles, respectivement. Cependant, cette orientation se fait
plus tard dans le groupe des cas (18 jours de médiane ;
intervalle de 5 à 33 jours) par rapport au groupe témoin (9 jours ;
intervalle de 3 à 19 jours).
Ces résultats suggèrent que les patients qui passent leur
anniversaire en réanimation reçoivent plus de soins sans nette
amélioration de leur survie. Il convient toutefois de rester
prudent dans l’interprétation de l’association statistique entre «
l’effet anniversaire » et l’augmentation de la charge en
soins et le retard à la décision de passage en soins palliatifs. La
majoration des thérapeutiques survient plutôt après la date
anniversaire, ce qui va à l’encontre de l’hypothèse d’une
intensification thérapeutique médicale intentionnelle, pour que le
patient passe ce cap. D’autre part, les médecins sont attentifs à
l’âge mais pas toujours à la date de naissance précise, sauf quand
elle est proche de leur propre anniversaire ! Reste l’importance
d’être prévenus du risque de prolongation des soins dans de tels
cas.
Dr Béatrice Jourdain
Azoulay E et coll. : Increased nonbeneficial care in patients spending their birthday in the ICU. Intensive Care Med., 2012; 38:1169–1176
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Vos réactions |
Pas d’intérêt scientifique
Le 25 septembre 2012
Ce sujet n'a pas d’intérêt scientifique tant qu'il n'y a pas de relation de cause à effet entre l'efficacité de la réanimation et la date de naissance de la personne sauf l'age avancé et la gravité de la pathologie. Mais comme sujet d'information pour les personnes hors secteur médical ça peut être intéressant.
Dr Mkadmini Taha
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