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Ne pas attendre pour contrôler l’HTA chez le diabétique !

Publié le 18/09/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Nombre de travaux ont documenté l’association, fréquente et hautement délétère sur le plan cardiovasculaire, entre diabète et HTA, ainsi que l’importance du contrôle de la pression artérielle (PA) chez les diabétiques, afin de réduire le risque de micro- et de macroangiopathie. Peu d’études ayant cependant porté attention à l’impact potentiel de la précocité du contrôle de l’HTA sur le risque à venir de complications cardiovasculaires, des auteurs américains ont évalué, en population diabétique, les effets du contrôle de la PA dans l’année suivant l’installation de l’HTA sur la survenue ultérieure d’événements cardiovasculaires majeurs.

PJ O’Connorr et coll. ont pour ce faire examiné rétrospectivement une cohorte provenant du Cardiovascular Hypertension Registry (du Cardiovascular Research Network) et inclus les données d’assurance maladie intéressant les patients identifiés comme hypertendus entre le 1er janvier 2003 et le 31 décembre 2009 au niveau de trois réseaux de soins intégrés (ceux du Health Parners, dans le Minnesota, et du Kaiser Permanente de Californie et du Colorado).

L’étude a porté sur plus de 15 000 diabétiques, indemnes de maladie cardio- ou cérébrovasculaire à l’inclusion, ayant une HTA nouvellement apparue (moins d’un an auparavant) et définie par l’existence, vérifiée à deux reprises, d’une PA systolique atteignant ou dépassant 130 mmHg et/ou une PA diastolique de 80 mmHg ou plus, hors hospitalisation et hors situations d’urgence.

Le contrôle de l’HTA prédictif de la survenue d’événements cardiovasculaires majeurs dans les 3 ans

Les 15 665 diabétiques ainsi soumis à analyse étaient âgés en moyenne de 51,5 ans, avaient à l’installation de l’HTA une PA moyenne de 136,8/80 mmHg. Dans l’année suivant le début de l’HTA, la PA moyenne a diminué, passant à 131,4/78,0 mmHg, inférieure alors à 130/80 mmHg chez 32,9 % des patients, inférieure à 140/90 mmHg chez 80,2 %.

Sur un suivi moyen de 3,2 ans, après ajustement sur l’âge, les taux d’événements cardiovasculaires majeurs (infarctus du myocarde, AVC hémorragiques ou ischémiques) étaient globalement de 5,90 événements/1 000 sujets-années (intervalle de confiance à 95 % [IC à 95 %] 5,26-6,62). Ils étaient, selon le contrôle tensionnel obtenu : de 5,10 événements/1 000 sujets-années (3,69-7,04) lorsque la PA moyenne sur l’année suivant le début de l’HTA était inférieure à 130/80 mmHg, de 4,27 événements/1 000 sujets-années (3,47-5,25) lorsque la PA était en moyenne de 130-139/80-89 mmHg et de 6,94 événements/1 000 sujets-années (5,57-8,64) avec une PA moyenne à 140/90 mmHg ou plus (p = 0,004). Les chiffres correspondants pour les taux d’infarctus du myocarde étaient respectivement : 3,37 événements/1 000 sujets-années (2,90-3,92), 2,05 événements/1 000 sujets-années (1,24-3,40), 2,22 événements/1 000 sujets-années (1,67-2,96) et 4,34 événements/1 000 sujets-années (3,27-5,71) (p < 0,0001 ; ceux correspondants, pour les taux d’AVC (en événements/1 000 sujets-années) respectivement de 2,76 (2,34-3,26), 3,16 (2,10-4,76), 2,17 (1,62-2,90) et 2,54 (1,95-3,31) (p = 0,33).

Lorsque les ajustements étaient poussés en outre sur d’autres variables (notamment les facteurs de risque cardiovasculaire présents à l’inclusion, la présence d’une microangiopathie diabétique, le site d’étude), les taux d’événements cardiovasculaires majeurs étaient significativement plus élevés chez les patients dont la PA moyenne dans l’année suivant le début de l’HTA était de 140/90 mmHg ou plus en comparaison de ceux dont la PA était inférieure à ce seuil (rate ratio : 1,30 ; IC à 95 % 1,01-1,69 ; p = 0,04). Cet accroissement significatif a été observé pour l’infarctus du myocarde (1,41 ; 1,01-1,96 ; p = 0,04), et la probabilité de survenue d’un AVC était augmentée, sans que la significativité statistique soit atteinte (1,25 ; 0,85-1,82 ; p = 0,28). Les taux d’événements cardiovasculaires étaient moindres chez les patients dont la PA était inférieure à 130/80 mmHg en comparaison de ceux ayant une PA de 130/80 mmHg ou plus, la différence n’étant cependant pas significative sur la durée de suivi.

Cette étude associe au contrôle tensionnel obtenant une PA moyenne inférieure à 140/90 mmHg au cours de la première année suivant l’apparition d’une HTA chez les adultes diabétiques, une réduction des taux d’événements cardiovasculaires majeurs globalement, d’infarctus du myocarde spécifiquement, sur un suivi moyen de 3,2 ans. C’est bien sûr sur la précocité de l’identification de l’HTA et de son contrôle en population diabétique qu’insistent les auteurs.



Dr Julie Perrot


O’Connor PJ et coll. Benefits of early hypertension control on cardiovascular outcomes in patients with diabètes. Diabetes Care, 2012 ; publication avancée en ligne le 10 septembre. (doi : 10.2337/dc12-02 84).




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