Les solutions thérapeutiques dans la spondylarthrite ankylosante
(SPA) restent limitées.
La phosphodiestérase 4 (PDE4) exprimée par les leucocytes et les
kératinocytes, hydrolyse l’AMP cyclique (AMPc) en AMP, conduisant à
la production de cytokines pro-inflammatoires et à la suppression
des cytokines anti-inflammatoires.
L’apremilast, molécule disponible par voie orale, inhibe la
PDE4. In vitro, elle inhibe la libération de TNFα à partir de
cultures de membranes synoviales rhumatoïdes humaines et diminue la
production de TNF par les cellules mononuclées du sang périphérique
(PBMC). Apremilast prévient le développement d’arthrites chez les
rongeurs et a démontré son efficacité dans des essais de phase II
sur le psoriasis et l’arthrite psoriasique. Les études de phase III
sont actuellement en cours.
Les cytokines influencées par PDE4 joue un rôle important dans
la spondylarthrite ankylosante.
Le but de cette étude pilote était d'évaluer l'efficacité et
l'innocuité de l’apremilast chez les patients atteints de SPA et
d'explorer son effet sur les biomarqueurs osseux.
L'étude menée chez 36 sujets, était contrôlée, en double aveugle
et a duré 12 semaines, suivies d'une période de 4 semaines
d’évaluation clinique de sécurité. Les patients étaient randomisés
pour recevoir apremilast 60 mg par jour ou un placebo.
Le critère d’évaluation principal était la variation moyenne du
score BASDAI (Bath Ankylosing Spondylitis Disease Activity Index) à
la semaine 12 par rapport aux valeurs initiales. D'autres scores
étaient examinés, l'indice de Bath Ankylosing Spondylitis
Functional (BASFI), le Bath Ankylosing Spondylitis Metrology Index
(BASMI), le score Bath Ankylosing Spondylitis mondial (BAS-G) et le
score d'activité de la SPA ASAS20 et ASAS40. Toutes les mesures
étaient effectuées à J1 et aux jours 8, 15, 29, 56, 85 et à la fin
de période de sûreté (J113).
Les marqueurs osseux ont été dosés au départ puis à J85.
Le critère d'évaluation primaire (changement de BASDAI à la
semaine 12) n’a pas été atteint.
L’administration d’apremilast a été associée à une amélioration
non significative, par rapport au groupe placebo, du BASDAI (-1,59
± 1,48 vs -0,77 ± 1,47), du BASFI (-1,74 ± 1,91 -0,28 ± vs 1,61) et
du BASMI (-0,51 ± 1,02 vs -0,21 ± 0,67).
Les indices cliniques sont retournés aux valeurs de base dans
les 4 semaines après l'arrêt de l’ apremilast. Six malades du
groupe traité (35,3 %) vs 3 contrôles (15,8 %) ont obtenu des
réponses ASAS20 (p = 0,25). Il y avait une diminution significative
dans le sérum de RANKL, de la sclerostine et du rapport RANKL/
ostéoprotégérine.
L’incidence des effets secondaires était identique dans les 2
groupes.
Les données de cette petite étude pilote suggèrent que
l’apremilast pourrait être efficace dans la SPA. Un essai sur un
plus gros effectif et de plus longue durée est nécessaire.
Dr Juliette Lasoudris Laloux
Pathan E et coll. : Efficacy and safety of apremilast, an oral phosphodiesterase 4 inhibitor, in ankylosing spondylitis. Ann rheum dis., 2012 ; publication avancée en ligne le 14 septembre.
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