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Estimation de la charge bactérienne par PCR au cours des phases évolutives de la BPCO

Publié le 18/09/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Au cours de la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO), les surinfections bactériennes sont une hantise, car rien de tel pour entraîner le patient vers une décompensation qui peut être lourde de conséquences.  La recherche de bactéries dans les voies aériennes repose principalement sur les cultures microbiologiques classiques.

Il est désormais tentant de recourir à des techniques moléculaires plus modernes comme la  PCR quantitative (qPCR) a priori plus riche en informations. Cette dernière relève dans son principe de  l’amplification de l’ADN bactérien avec comme possibilité la quantification de la charge microbienne.

Une étude a inclus 134 patients ambulatoires, tous atteints d’une BPCO. Au total, 373 expectorations ont été évaluées par qPCR multiplex afin de préciser :

• la prévalence des infections bactériennes potentielles ou avérées
• la charge en bactéries les plus usuelles au sein des voies respiratoires, qu’il s’agisse de : Haemophilus influenzae, Streptococcus pneumoniae, ou encore Moraxella catarrhalis ;
• la charge en bactéries atypiques (176  expectorations)

En outre les résultats obtenus au cours d’une poussée et pendant une période stable de la maladie ont été comparés pour 52 patients.

Les bactéries commune ont été plus fréquemment détectées au cours de poussées évolutives de la maladie, soit une prévalence de 57,7 % (p=0,001 versus 26,9 % en dehors des poussées). En outre, pour les patients chez lesquels des bactéries ont été retrouvées à la fois au cours et en dehors d’une poussée, la  charge bactérienne était 20 fois plus élevée au moment de la poussée (p=0,011 vs état stable).

La qPCR s’est avérée plus discriminante dans la détection des bactéries communes ou typiques, en comparaison avec les milieux de culture classiques, soit 59,3 vs 24,3 % (p<0,01).

En dehors des poussées, une charge bactérienne élevée a été corrélée :

• à un syndrome obstructif plus sévère mesuré par le VEMS (r=0,299 ; p=0,03)
• à la nécessité de doses plus élevées de corticoïdes inhalés (r=0,382; p=0,008).

En outre, les concentrations plasmatiques moyennes de CRP (C-reactive protein) se sont avérées plus élevées lors des décompensations respiratoires induites par une infection bactérienne (p=0,032).

En bref, la qPCR est à la fois plus sensible et plus précise dans la détection des (sur)infections bactériennes chez les patients atteints d’une BPCO, en terme de prévalence  mais aussi d’estimation de la charge bactérienne et de la corrélation à un éventuel syndrome inflammatoire. Elle fait ici la preuve de sa supériorité face aux techniques de mise en culture classique sur milieux appropriés. Au cours des BPCO stables, la dite charge bactérienne est associée à la sévérité du syndrome obstructif. De tels  résultats incitent à d’autres études pour préciser la place de la qPCR dans le suivi de la BPCO et sa prise en charge thérapeutique.



Dr Philippe Tellier


Garcha DS et coll. : Changes in prevalence and load of airway bacteria using quantitative PCR in stable and exacerbated COPD. Thorax. 2012 : publication avancée en ligne le 3 août.




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