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SOX2, un gène amplifié dans un quart des cancers du poumon à petites cellules

Publié le 19/09/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Le cancer du poumon à petites cellules (CPPC) représente chaque année 10 à 15 % des nouveaux cas de cancer du poumon diagnostiqués. Il s’agit d’une forme particulièrement agressive, fréquemment métastatique et de mauvais pronostic. L’analyse génétique en est difficile en raison d’un manque d’échantillons, la tumeur étant rarement opérable. De précédents travaux ont montré une prévalence élevée de mutations inactivantes de certains gènes tels que TP53 ou RB1, et d’autres types plus rares d’altérations génétiques, mais une meilleure compréhension des modifications génétiques dans ce cancer reste essentielle au développement de traitements efficaces.

L’équipe américaine de Charles Rudin (Université Johns Hopkins à Baltimore) a appliqué des technologies de  nouvelle génération au séquençage de tumeurs primaires et de lignées cellulaires de CPPC, en même temps qu’une analyse pangénomique du nombre de copies et qu’un séquençage du transcriptome. Elle a caractérisé 80 CPPC humains (36 paires cancers primaires-tissu adjacent, 17 paires lignées cellulaires-lignées lymphoblastoïdes appariées, ainsi que 4 tumeurs primaires et 23 lignées cellulaires sans échantillon témoin normal).

Les chercheurs identifient 22 gènes mutés significativement associés au cancer, dont TP53 et RB1 ainsi que plusieurs gènes inconnus auparavant comme étant mutés dans le CPPC. Leur pertinence est confirmée dans une cohorte de validation de 21 échantillons supplémentaires. Dans certaines familles de gènes, plusieurs membres sont mutés, par exemple des gènes de la voie phosphatidylinositol3-kinase, de la famille Notch, et de la famille SOX.

L’analyse du nombre de copies de 56 échantillons de CPPC permet de mettre en évidence que l’un des gènes identifiés, SOX2, est amplifié dans 27 % des cas (15 sur 56). SOX2 code pour un facteur de transcription essentiel lors de l’embryogenèse et impliqué dans plusieurs processus biologiques. La majorité des échantillons de CPPC, incluant ceux ayant une amplification de SOX2 ont une expression plus élevée de SOX2 que les échantillons normaux adjacents. Dans une cohorte indépendante de 110 cancers primaires l’expression de SOX2 est fortement corrélée à l’augmentation du nombre de copies du gène et au stade clinique. La suppression de SOX2 dans des lignées de cellules de CPPC ayant un nombre élevé de copies du gène et/ou une forte expression de la protéine réduit la prolifération cellulaire.

Au final les auteurs ont identifié de nombreuses nouvelles mutations somatiques récurrentes dans le CPPC dont des mutations de membres de la famille de gènes SOX et des altérations du nombre de copies. Pour les chercheurs, la mise en évidence de l’amplication de SOX2 et de sa surexpression dans environ un quart des tumeurs, ajoutée à des observations précédentes, signifie que SOX2 jouerait un rôle important en tant qu’oncogène de survie présumé dans le CPPC.

Le Pr Rudin déclare dans un communiqué que « SOX2 est un indice important dans la recherche de nouvelles façons de traiter le CPPC […]. Nous devrions pouvoir développer un médicament ciblant ce gène ou d’autres gènes qu’il régule  ».



Dominique Monnier


CM Rudin et coll. : Comprehensive genomic analysis identifies SOX2 as a frequently amplified gene in small-cell lung cancer. Nat Genet., 2012 ; publication avancée en ligne le 2 septembre. doi:10.1038/ng.240




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