Le taux de succès des recanalisations des occlusions
totales et chroniques (OTC) des artères coronaires s’est
amélioré au cours des dernières années. Cependant, le bénéfice
clinique qui en découle, à l’ère des stents actifs, n’est pas
entièrement connu.
Niccoli et coll. ont analysé les données d’une cohorte de
317 patients consécutifs (âge moyen: 65 ± 10 ans ; hommes : 84 %)
qui avaient fait, entre juin 2005 et mars 2009, un infarctus
du myocarde traité par thrombolyse et qui, malgré cela,
avaient gardé pendant plus de 3 mois, un flux TIMI 0 au niveau
d’une ou plusieurs artères coronaires principales ; en
conséquence, ces patients avaient fait l’objet d’une
tentative d’angioplastie suivie, chaque fois qu’elle
avait réussi (n=196 patients), de la mise en place d’un stent actif
(sirolimus ou paclitaxel).
Sur un suivi moyen de 3 ans, les patients chez lesquels la
procédure avait été un succès, ont présenté un taux
significativement moindre d’événements cardiovasculaires majeurs
(MACE, critère composite associant décès, infarctus du myocarde et
revascularisation itérative) que ceux chez lesquels la procédure
avait échoué (17 [9 %] vs 32 [26 %] ; p=0,008).
Les patients pluritritronculaires étaient davantage exposés à la
survenue d’un MACE que les patients monotronculaires (45 [22
%] vs 4 [4 %] ; p= 0,002).
En analyse de régression multiple de Cox, la présence de
sténoses pluritritronculaires et l’échec de la ré-ouverture de
l’artère étaient des facteurs prédictifs indépendants de la
survenue de MACEs (hazard ratio [HR] 2,31 ; intervalle de confiance
[IC] 95 % 1,17 à 4,96 ; p=0,01 et HR 1,81 ; IC 95 % 1,33 à 4,12 ;
p= 0,02, respectivement). En conséquence, le pronostic était le
plus sombre chez les patients qui avaient des lésions coronaires
pluritronculaires et chez ceux pour qui la procédure avait
échoué car ils étaient le plus exposés à la survenue
d’un MACE (HR 2,73 ; IC 95 % 1,21 à 3,92 ;
p=0,03).
En conclusion, la recanalisation par angioplastie d’une artère
coronaire totalement occluse de façon chronique, associée à
l’implantation d’un stent actif, se traduit, à 3 ans, en terme de
pronostic, par une diminution significative du taux de MACEs par
rapport aux patients pluritronculaires chez lesquels la procédure a
échoué. Cette notion pourrait guider la prise en charge des
patients présentant une OTC d’une ou plusieurs artères
coronaires.
Dr Robert Haïat
Niccoli G et coll.: Late (3 Years) Follow-Up of Successful Versus Unsuccessful Revascularization in Chronic Total Coronary Occlusions Treated by Drug Eluting Stent. Am J Cardiol 2012; 110:948 –953
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