La leptine, cytokine exprimée par le tissu adipeux, est un
régulateur important de l’homéostasie énergétique informant le
cerveau sur les réserves de l’organisme. L’élévation de ses
concentrations est notable chez les jeunes obèses. Elles sont
corrélées au risque cardiovasculaire, à la résistance à l’insuline
et au diabète de type 2 et chez l’adulte, la leptine est un
facteur de risque coronaire indépendant.
L’exercice physique semble atténuer l’influence négative de
l’adiposité sur le risque cardiovasculaire de l’adolescent.
Cependant, l’association entre activité physique (AP), activités de
mise en forme (fitness) et leptine n’a été examinée que par des
études incomplètes, centrées sur les obèses et aux résultats
parfois contradictoires.
Une recherche multinationale européenne a étudié les relations
entre AP, fitness et taux de leptine, en prenant en compte les
différents facteurs de confusion en particulier la masse grasse
(MG). Dans ce but, 902 adolescents, dont 509 filles, âgés de 12,5 à
17,5 ans, de 9 pays, ont subi une série de tests standardisés.
Parmi eux, 195 étaient en surpoids ou obèses. Outre le poids et la
taille, l’évaluation de la MG a été faite par la mesure de 6 plis
cutanés. Les autres paramètres enregistrés ont été le stade
pubertaire, la pression artérielle, le taux de leptine et
l’insulinémie et la glycémie permettant de calculer l’index HOMA
(homeostasis model assessment : insulinémie μUI/ml x glycémie
mmol/L/22,5). L’évaluation de l’activité physique a été faite par
un accéléromètre porté pendant la journée, durant 7 jours. Les
performances à l’effort ont été évaluées par plusieurs tests :
agrippement d’un dynamomètre par chaque main, saut à partir d’un
point fixe, temps pour parcourir 4 fois 10 m testant
agilité/vitesse, course aller retour entre 2 lignes distantes de 20
m à un rythme de plus en plus accéléré, donné par signal sonore,
évaluant l’adaptation cardiorespiratoire.
Les résultats montrent que l’AP, particulièrement l’activité
intense est négativement corrélée aux concentrations en leptine
(P<0,05), après contrôle des facteurs de confusion potentiels y
compris la masse grasse (donc chez les obèses comme chez les sujets
de poids normal), le sexe, l’homéostasie glucidique. Les tests
d’adaptation à l’effort étaient également inversement associés aux
taux de leptine (P<0,05).
En conclusion, ces résultats suggèrent que l’activité physique
vigoureuse et les activités de fitness modulent les taux de leptine
indépendamment de la corpulence.
Pr Jean-Jacques Baudon
Jiménez-Pavón D et coll. : Physical activity, fitness, and serum leptin concentrations in adolescents. J Pediatr 2012 ; 160 : 598-603.
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