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Nouvelle tentative pour réduire les indications de la radiothérapie dans le Hodgkin de bon pronostic de l’enfant

Publié le 20/09/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

De nos jours, plus de 90 % des enfants atteints de lymphome de Hodgkin (LH) de bon pronostic survivent à long terme mais présentent parfois une morbi-mortalité excessive, 10 ans ou plus après le diagnostic initial, du fait par exemple d’un cancer secondaire et autres conséquences des traitements initiaux, dont la radiothérapie (RXT). Ces dernières années, des efforts constants ont été faits pour adapter au mieux l’intensité des traitements en fonction du risque initial et également en fonction de la réponse précoce à la chimiothérapie (CT).

Dans un article du JAMA, M L Metzger et collaborateurs rapportent les résultats d'une étude multicentrique, non randomisée ni aveugle, dont l'objet principal était de tester l’efficacité de 4 cycles de CT type VAMP (Vinblastine, Adriamycine, Méthotrexate et Prednisone) associés ou non à une RXT, la mise en œuvre de cette dernière étant fonction de la qualité de la réponse précoce à la CT. Cet essai s'est déroulé entre Mars 2000 et Février 2009. Il a concerné de jeunes patients de moins de 21 ans, atteints de LH de stade IA et IIA, sans masse médiastinale très volumineuse, touchant moins de 3 sites ganglionnaires et sans manifestations générales ou systémiques associées. A l'entrée dans l'étude, un consentement écrit avait été obtenu des jeunes malades, de leurs parents ou de leurs représentants légaux.

Le bilan initial, très complet, comportait en outre une imagerie par scanner corps entier couplé à une scintigraphie au Gallium, puis à un PET-scan. Il n’a pas été pratiqué de biopsie osseuse.

Indication de la radiothérapie en fonction de la réponse à la chimio

La CT a consisté en l'administration de 4 cycles de 28 jours de VAMP sur la base de 6 mg/m2 de vinblastine, de 25 mg/m2 de doxorubicine, de 20 mg/m2 de méthotrexate par voie veineuse à J1 et J15, en association à une corticothérapie orale de 40 mg/m2 durant les deux premières semaines. A la fin du deuxième cycle, la réponse thérapeutique était évaluée. La réponse complète était définie par une scintigraphie ou un PET- scan non fixant et une restitution ad integrum ou, au moins, une réduction de plus de 70 % des diamètres cumulés des adénopathies de départ. Une réduction d'au moins 50 % du volume ganglionnaire avec persistance d'une fixation au gallium ou au PET-scan étaient considérées comme une réponse partielle. En cas de réponse complète, seuls 2 cycles complémentaires de CT étaient administrés, sans recourir à la RXT. En cas de réponse incomplète, un complément de RXT était délivré sur les sites pathologiques, sur la base de 25,5 Gy en 17 fractions de 1,5 Gy, 2 à 4 semaines après la fin des 4 cycles de CT.

L'objectif principal de ce travail était l'analyse des taux de survie à 2 ans sans événement pathologique dans l'un et l'autre groupe. Quatre-vingt huit patients, issus de 5 centres nord- américains différents, ont été enrôlés dans l'étude; 67 % étaient de sexe masculin et 88 % de race blanche. L'âge moyen, au moment du diagnostic, était de 13,9 ans. Dans 64 % des observations, il s'agissait d'un LH classique et dans 36 % d'une forme nodulaire lymphocytaire prédominante ; 44 % des patients étaient en stade IA, 40 % porteurs d' une masse médiastinale et 15 % avaient des adénopathies périphériques très volumineuses, de taille égale ou supérieure à 6 cm.

Après 2 cycles de CT, 53 % du collectif des patients (57/88) étaient en réponse complète. Leur traitement s’est donc résumé à 2 cycles de CT complémentaires sans RXT. Parmi les 41 autres, il y avait 39 réponses partielles avec alors 2 autres cycles puis indication de RXT. L’état des deux derniers malades a été considéré comme stable, sans réponse objective nette. La présence d'une masse médiastinale, un stade IIA ou encore un type histologique nodulaire sclérosant sont apparus comme les critères principaux de mauvais pronostic.

Cent pour cent de survie à 5 ans

A 2 ans, le taux moyen de survie sans événement pathologique dans l’ensemble de la cohorte était de 90,8 % (84,7-96,9). Plus précisément, il était de 89,4 % (80,8-98) dans le groupe CT seule et de 92,5 % (84,5-100) dans le groupe CT + RXT (p non significatif à 0,61).

A 5 ans, la survie globale était de 100 %, dont 88,5% sans événement pathologique dans l’un et l'autre groupe. De par la taille réduite de la cohorte, aucun facteur pronostique significatif n'a émergé, qu’il s’agisse de l'âge, du sexe, de la race, du volume ganglionnaire ou encore du type histologique. En cas de récidive chez des jeunes malades non irradiés, la seconde ligne thérapeutique a consisté en une deuxième ligne de CT + RXT sans nécessité d'intensification thérapeutique ou de greffe de cellules souches.

Les effets secondaires les plus souvent observés ont été des douleurs neuropathiques chez 2 % des patients, des nausées et vomissements dans 3 % des cas, une neutropénie pour 32 %, compliquée de fièvre chez 2 % des malades. Neuf d'entre eux ont nécessité 11 fois le recours à une hospitalisation pour neutropénie fébrile et/ou sepsis. A plus long terme, après RXT, 10 % ont présenté une hypothyroïdie, 2 une ostéonécrose, 2 une ostéopénie modérée. Chez 14 % des malades, a été notée une atteinte fonctionnelle respiratoire infra- clinique. Enfin, chez 4 (5 %) a été décelée une dysfonction ventriculaire gauche asymptomatique. Chez les patientes les plus âgées de la cohorte 6 grossesses sont survenues, dont 4 ont pu être menées jusqu'à terme. Enfin, aucune néoplasie secondaire n’a été à déplorer durant le suivi de 6,9 ans en moyenne (2,5-11,4 ans).

Ces dernières années, plusieurs équipes médicales se sont efforcées d'éviter de recourir, dans des LH de bon pronostic, à des CT agressives ou à une RXT potentiellement à risque d'effets secondaires graves. C'est le cas de ce travail qui a tenté de définir au mieux les indications de la RXT en fonction de la qualité de la réponse précoce à 2 cycles de CT par VAMP. Il est remarquable de noter que l'irradiation a pu être évitée chez plus d'un malade sur deux ainsi que, pour la majorité, le recours à des agents leucémogènes. Toutefois, le caractère limité de ce travail tenant au nombre relativement faible de participants rend impératif de confirmer ces premières données par des études plus larges, voire, dans l’avenir, d’évaluer le recours à la RXT en fonction de la seule persistance de la positivité du PET-scan après première évaluation post CT.



Dr Pierre Margent


Metzger ML et coll. : Association between radiotherapy vs no radiotherapy based on early response to VAMP chemotherapy and survival among children with favorable-risk Hodgkin lymphoma. JAMA, 2012 ; 307 : 2609-2616.


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