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Une mortalité à 5 ans plus que triplée pour les diabétiques victimes d’hypoglycémies sévères

Publié le 21/09/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

À l’heure où les liens suggérés par différents travaux et essais randomisés entre hypoglycémie et mortalité des diabétiques sont source de débat, et de préoccupation, des équipes de la Mayo Clinic ont évalué la relation entre hypoglycémies sévères chez les diabétiques et risque de décès, selon une approche différente, en s’appuyant sur les données rapportées par les patients eux-mêmes.
RG McCoy et coll. ont à cet effet mené une étude rétrospective, qui a porté sur 1 013 diabétiques, âgés de 18 ans ou plus, venus consulter en diabétologie, à la Mayo Clinique (Rochester), entre août 2005 et juillet 2006. Ces patients ont été interrogés sur la fréquence des hypoglycémies survenues au cours des 6 derniers mois, et les événements hypoglycémiques auto-rapportés ont été examinés en relation à la mortalité sur 5 ans. Les hypoglycémies ont été définies par leurs symptômes cliniques, et ont été cotées légères lorsque les patients avait pu en venir à bout seuls, sévères lorsque l’aide d’une tierce personne avait été nécessaire.

Cette population d’étude (54,8 % d’hommes), âgée en moyenne de 60,5 ± 15,2 ans à l’inclusion et dont le diabète durait en moyenne depuis 13,6 ± 11,4 ans, comptait 21,3 % de patients atteints de diabète de type 1 (DT1) et 78,7 % de diabète de type 2 (DT2). Le taux moyen d’hémoglobine glyquée (HbA1c) était de 7,2 ± 1,4 % ; 61,7 % des participants ont rapporté au moins un événement hypoglycémique, quelle qu’en soit la sévérité, l’hypoglycémie ayant été déclarée légère par 54,2 % d’entre eux, sévère par 7,5 %, et le taux de mortalité toutes causes à 5 ans était de 13,8 %.

Après ajustements (notamment sur l’âge, le sexe, le type et la durée du diabète, le taux d’HbA1c, les comorbidités), le risque de décès à 5 ans s’est avéré près de 3 fois et demie plus élevé chez les patients ayant rapporté des hypoglycémies sévères par rapport à ceux ayant déclaré n’avoir eu aucune hypoglycémie ou ayant rapporté des hypoglycémies légères (Odds Ratio = 3,4 ; intervalle de confiance à 95 % : 1,5-7,4 ; p = 0,005). L’analyse relève une tendance à une augmentation du risque de décès chez les patients ayant signalé des hypoglycémies légères, n’atteignant cependant pas la significativité statistique (1,56 ; 0,99-2,48 : p = 0,468).

Dans cette étude qui a porté attention aux hypoglycémies rapportées, dans leur vie quotidienne, par les diabétiques, de type 1 et de type 2, 7,5 % de la population incluse a déclaré avoir eu des hypoglycémies sévères que l’analyse associe à un risque accru, plus que triplé, de décès. C’est sur la nécessité de questionner régulièrement les malades sur les hypoglycémies dont ils ont été victimes qu’insistent les auteurs, ainsi que sur l’importance de l’éducation pour améliorer, au jour le jour et au long cours, la gestion simultanée du traitement, de l’alimentation et des activités, et enfin sur l’adaptation des traitements hypoglycémiants en fonction des événements hypoglycémiques sévères rapportés par les patients.



Dr Julie Perrot


McCoy RG et coll. : Inscreased mortality of patients with diabetes reporting severe hypoglycemia. Diabetes Care 2012 ; 35 : 1897-1901 (doi : 10.22337/dc11-2054).


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