Le syndrome d’apnées obstructives du sommeil (SAOS) peut
s’accompagner de céphalées sévères, mais la réciproque est tout
aussi vraie. En effet, ce symptôme volontiers invalidant peut
révéler un authentique SAOS. Dans ce cas, les céphalées peuvent
être améliorées par la ventilation nocturne en pression positive
continue (CPAP) comme le souligne une étude rétrospective.
Elle a concerné 82 patients (dont 70 hommes, âge moyen = 45 ± 13
ans) qui ont consulté en neurologie pour des céphalalgies
invalidantes entre janvier 2008 et décembre 2009. Dans tous les
cas, le bilan a comporté un enregistrement polysomnographique
standard effectué dans un laboratoire du sommeil. Le recul est de
18 à 42 mois. Les céphalées ont été classées selon leur type
:
• migraine chronique (17 %) ou épisodique (22 %) dans
les deux cas sans aura
• migraine avec aura (32 %)
• céphalées de tension (21 %)
• céphalées post-traumatiques (6 %)
• céphalées iatrogènes (11%)
• céphalées de causes diverses (7 %)
Dans tous les cas, un traitement symptomatique avait été
prescrit par un neurologue. L’enregistrement polysomnographique a
détecté un SAOS chez 52 patients (63 %). Les variables prédictives
d’un tel diagnostic ont été les suivantes : âge (relativement)
élevé, sexe féminin et migraine chronique sans aura. Une CPAP était
déjà en cours chez 33 patients (63 %) atteints d’un SAOS,
l’observance étant satisfaisante dans la majorité des cas (82 %).
Quarante malades (49 %) ont déclaré que leurs céphalées avaient été
améliorées soit par la CPAP soit par des médicaments standard à
visée symptomatique.
Les meilleurs résultats ont été obtenus chez ceux (21/27) qui
faisaient preuve d’une observance thérapeutique sans faille,
comparativement aux autres (p=0,045 versus intolérance ou refus,
mais aussi absence de prescription de la CPAP, n=55).
Sur les 33 patients qui bénéficiaient de la CPAP, l’amélioration
des céphalées a été mise uniquement sur le compte de cette dernière
par 13 d’entre eux ou encore d’une meilleure qualité du sommeil par
10 autres. La mise en évidence des apnées (p=0,045) et le sexe
masculin (p=0,021) sont apparus comme des facteurs prédictifs d’un
bénéfice de la CPAP sur les céphalalgies.
Faut-il dans le bilan étiologique des céphalées rechercher
systématiquement un SAOS ? Cette hypothèse mérite confirmation car
cette étude rétrospective est insuffisante pour conclure. Place aux
études prospectives.
Dr Philippe Tellier
Johson KG et coll. : Improvement in Headaches With Continuous Positive Airway Pressure for Obstructive Sleep Apnea: A Retrospective Analysis. Headache, 2012 ; publication avancée en ligne le 10 septembre.
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