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Mais quelles sont ces spondylarthrites à radiographies normales ?

Publié le 24/09/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Au cours de l’évolution de la spondylarthrite ankylosante (SA) on constate une atteinte radiographique du rachis et des sacro iliaques. Cette atteinte est extrêmement variable d’un sujet à l’autre, et à côté des formes « classiques », il existe d’authentiques SA à radiographies normales. Ainsi, des lésions radiographiques n’apparaîtraient au fil du temps que seulement dans un quart des SA.

Y a-t-il un profil particulier associé à l’apparition ou non de lésions radiographiques ? C’est  ce que les auteurs de cet article ont cherché à savoir en étudiant 100 SA consécutives non traitées par biothérapie. Les patients ont été classés en 2 groupes : avec (N=56) et sans (N=44) lésion radiographique. Des paramètres cliniques, biologiques, et magnétiques en IRM ont été recueillis.

Assez logiquement, car on s’attend à ce que les sujets avec lésions radiographiques soient « plus graves » que les autres, l’inflammation biologique mesurée par la CRP est plus importante chez ces derniers (CRP 8,0 contre 3,8 mg/l). Et l’activité de la maladie est, elle aussi, plus élevée (mesuré par l’Ankylosing Spondylitis Disease Activity Score (ASDAS) : 2,2 contre 2,8). Par contre, les 2 groupes ne différent pas quant aux lésions inflammatoires en IRM et quant à la fréquence de l’antigénémie HLA-B27. Les 2 groupes sont comparables en terme  d’activité clinique (mesurée par le Bath Ankylosing Spondylitis Disease Activity Index (BASDAI)), de fonction (mesurée par le Bath Spondylitis Fonctional Index (BASFI)), ou de qualité de vie (mesurée par le Ankylosing Spondylitis Quality of Life questionnaire et le Short Form 36 health survey [SF36]).

Enfin, les patients présentant des lésions radiographiques sont plus fréquemment des hommes (76,8 %)

Au total, au sein des SA, il existe bien un groupe de patients particuliers, sans lésion radiographique, et ce malgré plusieurs années d’évolution. Ce sont plutôt des femmes, avec peu de signes inflammatoires. Par contre, malgré l’absence de lésions structurales, leur fonction et leur qualité de vie n’en sont pas pour autant moins altérées.

Les auteurs suggèrent de nommer ce groupe  « SA à radios normales » plutôt que « SA pré-radiologique » car l’évolution ne se fait que rarement vers l’apparition de lésions radiographiques.



Dr Laurent Laloux


Kiltz U et coll. : Do patients with non-radiographic axial spondylarthritis differ from patients with ankylosing spondylitis ? Arthritis care & research. 2012; 64 : 1415-1422




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