Au cours de l’évolution de la spondylarthrite ankylosante (SA)
on constate une atteinte radiographique du rachis et des sacro
iliaques. Cette atteinte est extrêmement variable d’un sujet à
l’autre, et à côté des formes « classiques », il existe
d’authentiques SA à radiographies normales. Ainsi, des lésions
radiographiques n’apparaîtraient au fil du temps que seulement dans
un quart des SA.
Y a-t-il un profil particulier associé à l’apparition ou non de
lésions radiographiques ? C’est ce que les auteurs de cet
article ont cherché à savoir en étudiant 100 SA consécutives non
traitées par biothérapie. Les patients ont été classés en 2 groupes
: avec (N=56) et sans (N=44) lésion radiographique. Des paramètres
cliniques, biologiques, et magnétiques en IRM ont été
recueillis.
Assez logiquement, car on s’attend à ce que les sujets avec
lésions radiographiques soient « plus graves » que les autres,
l’inflammation biologique mesurée par la CRP est plus importante
chez ces derniers (CRP 8,0 contre 3,8 mg/l). Et l’activité de la
maladie est, elle aussi, plus élevée (mesuré par l’Ankylosing
Spondylitis Disease Activity Score (ASDAS) : 2,2 contre 2,8). Par
contre, les 2 groupes ne différent pas quant aux lésions
inflammatoires en IRM et quant à la fréquence de l’antigénémie
HLA-B27. Les 2 groupes sont comparables en terme d’activité
clinique (mesurée par le Bath Ankylosing Spondylitis Disease
Activity Index (BASDAI)), de fonction (mesurée par le Bath
Spondylitis Fonctional Index (BASFI)), ou de qualité de vie
(mesurée par le Ankylosing Spondylitis Quality of Life
questionnaire et le Short Form 36 health survey [SF36]).
Enfin, les patients présentant des lésions radiographiques sont
plus fréquemment des hommes (76,8 %)
Au total, au sein des SA, il existe bien un groupe de patients
particuliers, sans lésion radiographique, et ce malgré plusieurs
années d’évolution. Ce sont plutôt des femmes, avec peu de signes
inflammatoires. Par contre, malgré l’absence de lésions
structurales, leur fonction et leur qualité de vie n’en sont pas
pour autant moins altérées.
Les auteurs suggèrent de nommer ce groupe « SA à
radios normales » plutôt que « SA pré-radiologique »
car l’évolution ne se fait que rarement vers l’apparition de
lésions radiographiques.
Dr Laurent Laloux
Kiltz U et coll. : Do patients with non-radiographic axial spondylarthritis differ from patients with ankylosing spondylitis ? Arthritis care & research. 2012; 64 : 1415-1422
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