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Vaccin contre la dengue : des résultats encourageants à confirmer

Publié le 24/09/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

La dengue est une arbovirose en expansion qui toucherait aujourd’hui 128 pays où vivent plusieurs milliards d’habitants. L’OMS estime, en se basant sur des données épidémiologiques nécessairement imprécises et incomplètes, que chaque année 50 à 100 millions de cas surviennent et qu’environ 500 000 personnes sont hospitalisées pour des dengues sévères.

Face à cette affection pour la quelle on ne dispose d’aucun traitement antiviral, la solution devrait tout naturellement venir d’un vaccin comme pour deux autres arboviroses que sont la fièvre jaune et l’encéphalite japonaise. Cependant la mise au point d’un tel vaccin se heurte depuis des décennies à des difficultés majeures et notamment au fait que certains candidats vaccins pouvaient aggraver les dengues survenant après vaccination ou accroître leur fréquence chez des sujets ayant une réaction immunitaire incomplète contre un ou plusieurs des 4 sérotypes du virus.

Une nouvelle étape vers la mise au point d’un vaccin efficace a peut-être été franchie. Ce nouveau candidat vaccin développé par Sanofi Pasteur est un virus recombinant vivant atténué produit sur cellules Vero, dirigé contre les 4 sérotypes et basé sur la souche 17D du vaccin contre la fièvre jaune.  

Une efficacité limitée à 30 %...

Il vient d’être testé en Thaïlande dans le cadre d’un essai randomisé en double aveugle de phase 2b. Deux mille six cent soixante-neuf enfants de 4 à 11 ans ont été assignés au groupe devant recevoir 3 doses de ce vaccin injectable (à 6 mois d’intervalle) et comparés à 1 333 enfants « contrôles » (injection d’un vaccin antirabique ou d’un placebo).

La surveillance a duré 25 mois et a été clinique et biologique (PCR et test ELISA lors de tout épisode fébrile).

En termes d’efficacité, le vaccin a réduit la fréquence des épisodes de dengue confirmés biologiquement avec 45 cas sur 2 522 dans le groupe vacciné et 32 sur 1 251 dans le groupe contrôle soit une efficacité de 30,2 %. Ce taux, inférieur à ce que les promoteurs de l’étude avaient espéré, n’atteint pas le seuil de significativité statistique (intervalle de confiance à 95 % entre – 13,4 % et + 56,6  %).

L’efficacité a été plus marquée pour les sérotypes 3 et 4 que pour le 1 et surtout pour le 2 pour lequel le vaccin a paru sans effet.

… et une bonne tolérance

La tolérance a été satisfaisante avec le même pourcentage d’effets indésirables potentiels dans les deux groupes. De plus, les dengues graves n’ont pas été plus fréquentes dans le groupe vacciné que dans le groupe contrôle. Si ceci est rassurant, le nombre limité de cas (3 chez les vaccinés et 2 chez les témoins) ne permet pas de conclure formellement à l’absence de risque d’aggravation. 

Pour pouvoir conclure sur l’efficacité et l’innocuité de ce vaccin, il faudra attendre les résultats de l’essai de phase 3 en cours dans lequel 30 000 sujets seront inclus dans 10 pays d’Asie et d’Amérique latine.



Dr Nicolas Chabert


Sabchareon A et coll.: Protective efficacy of the recombinant, live-attenuated, CYD tetravalent dengue vaccine in Thai schoolchildren: a randomised, controlled phase 2b trial. Lancet 2012; publication avancée en ligne le 11 septembre 2012 (doi:10.1016/S0140-6736(12)61428-7).


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