Le diagnostic d’arthrose du genou se base sur les données
cliniques ou la radiographie. Certains travaux ont toutefois montré
qu’environ la moitié des personnes se plaignant de douleurs du
genou évocatrices d’arthrose n’en ont aucun signe radiologique.
Faut-il alors poursuivre les investigations ? Un examen IRM
apporterait-il plus d’informations?
C’est à cette question que tente de répondre une étude publiée
récemment par le British Medical Journal. Il s’agit d’une étude
observationnelle incluant 710 participants de plus de 50 ans, dont
les radios des genoux ne mettaient en évidence aucun signe
évocateur d’arthrose alors que 205 d’entre eux (29 %) présentaient
des gonalgies.
Une IRM a été réalisée chez tous les participants et au moins
une anomalie est retrouvée chez 631 (89 %) d’entre eux. Les trois
anomalies le plus souvent constatées sont : des ostéophytes (74 %),
des lésions cartilagineuses (69 %) et médullaires (52 %). La
prévalence des anomalies augmente avec l’âge, passant de 86 % chez
les quinquagénaires à 91 % chez les septuagénaires et 92 % au-delà.
Ces différences en fonction de l’âge ne sont toutefois pas notées
pour les synovites ni les épanchements articulaires. Les auteurs
observent que ces anomalies ne sont pas plus fréquentes chez les
patients ayant un indice de masse corporelle (IMC) élevé.
Mais le fait sans doute le plus marquant est que la prévalence
des anomalies est sensiblement la même chez les patients se
plaignant de douleurs et chez les autres (91 % vs 88 %). Cette
prévalence élevée, constatée même en l’absence de douleur, suggère
une très faible spécificité de l’IRM comme examen diagnostique chez
des patients de cette classe d’âge. Cette étude souligne d’autre
part les limites de la radiographie conventionnelle pour la mise en
évidence de plusieurs anomalies en rapport avec l’arthrose du
genou. L’exemple le plus surprenant est la détection des
ostéophytes, retrouvés à l’IRM dans 74 % des cas alors qu’ils
étaient invisibles à la radio, constat que les auteurs rapportent
au fait que l’IRM utilise trois plans d’imagerie qui permettent de
détecter des ostéophytes cachés par l’image du fémur ou du tibia
sur les radiographies en incidence postéro-antérieure.
Reste à savoir quelle proportion de patients avec des lésions
d’arthrose sur leur IRM finiront par présenter des lésions
radiologiques d’arthrose.
Dr Roseline Péluchon
Guermazi A et coll. : Prevalence of abnormalities in knees detected by MRI in adults without knee osteoarthritis: population based observational study (Framingham Osteoarthritis Study)
BMJ 2012;345:e5339
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