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L’IRM pour le diagnostic d’arthrose du genou ?

Publié le 26/09/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Le diagnostic d’arthrose du genou se base sur les données cliniques ou la radiographie. Certains travaux ont toutefois montré qu’environ la moitié des personnes se plaignant de douleurs du genou évocatrices d’arthrose n’en ont aucun signe radiologique. Faut-il alors poursuivre les investigations ? Un examen IRM apporterait-il plus d’informations?

C’est à cette question que tente de répondre une étude publiée récemment par le British Medical Journal. Il s’agit d’une étude observationnelle incluant 710 participants de plus de 50 ans, dont les radios des genoux ne mettaient en évidence aucun signe évocateur d’arthrose alors que 205 d’entre eux (29 %) présentaient des gonalgies.

Une IRM a été réalisée chez tous les participants et au moins une anomalie est retrouvée chez 631 (89 %) d’entre eux. Les trois anomalies le plus souvent constatées sont : des ostéophytes (74 %), des lésions cartilagineuses (69 %) et médullaires (52 %). La prévalence des anomalies augmente avec l’âge, passant de 86 % chez les quinquagénaires à 91 % chez les septuagénaires et 92 % au-delà. Ces différences en fonction de l’âge ne sont toutefois pas notées pour les synovites ni les épanchements articulaires. Les auteurs observent que ces anomalies ne sont pas plus fréquentes chez les patients ayant un indice de masse corporelle (IMC) élevé.

Mais le fait sans doute le plus marquant est que la prévalence des anomalies est sensiblement la même chez les patients se plaignant de douleurs et chez les autres (91 % vs 88 %). Cette prévalence élevée, constatée même en l’absence de douleur, suggère une très faible spécificité de l’IRM comme examen diagnostique chez des patients de cette classe d’âge. Cette étude souligne d’autre part les limites de la radiographie conventionnelle pour la mise en évidence de plusieurs anomalies en rapport avec l’arthrose du genou. L’exemple le plus surprenant est la détection des ostéophytes, retrouvés à l’IRM dans 74 % des cas alors qu’ils étaient invisibles à la radio, constat que les auteurs rapportent au fait que l’IRM utilise trois plans d’imagerie qui permettent de détecter des ostéophytes cachés par l’image du fémur ou du tibia sur les radiographies en incidence postéro-antérieure.

Reste à savoir quelle proportion de patients avec des lésions d’arthrose sur leur IRM finiront par présenter des lésions radiologiques d’arthrose.



Dr Roseline Péluchon


Guermazi A et coll. : Prevalence of abnormalities in knees detected by MRI in adults without knee osteoarthritis: population based observational study (Framingham Osteoarthritis Study)
BMJ 2012;345:e5339


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