C’est la principale cause de décès par infections bactériennes
d’origine alimentaire dans des pays aussi développés que
l’Angleterre, puisqu’approximativement le tiers des sujets infectés
succombent (avec une quarantaine de morts annuels au Royaume-Uni).
Les plus concernés, et donc à risque, sont comme souvent les femmes
enceintes, les nouveau-nés (et avant) ou les immuno-déprimés ;
cependant, depuis 2001, une augmentation significative du nombre
des nouveaux cas a été remarquée dans plusieurs pays européens chez
les plus de 60 ans. On l’aura –au moins pour certains- reconnue :
il s’agit de la listériose, infection à Listeria
monocytogenes classiquement responsable d’avortements,
septicémies, méningites et autres encéphalites. Ce qu’on oublie
peut-être encore, bien que déjà souligné dans plusieurs travaux,
c’est que les établissements de santé pourraient courir un risque
particulier, et que les épidémies hospitalières pourraient être
plus fréquentes qu’imaginé…
Les buts poursuivis par C Little étaient donc, finalement, assez
précis : détecter les infections à Listeria d’origine hospitalière
et, s’il en était besoin, faire prendre meilleure conscience du
risque et en tirer les conséquences qui s’imposent. Pour ce faire,
l’auteur de la Health Protection Agency londonienne (UK) a
analysé toutes les épidémies et incidents rapportés à son agence et
en a extrait ceux d’origine hospitalière. Il lui est apparu que la
plupart des évènements (8 /11, 73 %) rapportés entre 1999 et
2011 pouvaient être associés à des sandwichs emballés achetés ou
fournis à l’hôpital et, en analysant chaque épisode dans le détail,
que des ruptures de la chaîne du froid s’étaient produites dans les
établissements concernés dans plus de la moitié des cas. On prendra
pour exemple l’épidémie n°7, avec 5 cas rapportés en 2010 sur
une période de 5 mois dans un hôpital du nord est du pays (3 longs
séjours, un court séjour répété, un dernier consultant pour
chimiothérapie) : ils ont été attribués à L monocytogenes sérotype
4fAFLP 1.33, et des sandwichs prêts à consommés ont encore une fois
été incriminés.
Pour l’auteur de l’agence londonienne, pas de doute, ces
épidémies illustrent le risque potentiel des sandwichs (menu que CL
Little précise très apprécié des malades anglais, et qui doit
certainement être pris au sens le plus large pour nous) industriels
proposés à l’hôpital. Il lui semble particulièrement important
qu’un double contrôle soit réalisé, au niveau de la préparation
puis sur place à l’hôpital, en particulier pour la chaîne du froid.
La réglementation, rappelle-t-il, est déjà assez claire, et des
guidelines ont été publiés : il suffit de les respecter, ou de les
faire respecter.
Dr Jack Breuil
Little CL et coll. : Hospital-acquired listeriosis associated with sanswiches in the UK : a cause for concern. Journal of Hospital infection 2012 ; 82 : 13-18.
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