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Les épidémies de listériose, c’est avant tout… à l’hôpital !

Publié le 26/09/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

C’est la principale cause de décès par infections bactériennes d’origine alimentaire dans des pays aussi développés que l’Angleterre, puisqu’approximativement le tiers des sujets infectés succombent (avec une quarantaine de morts annuels au Royaume-Uni). Les plus concernés, et donc à risque, sont comme souvent les femmes enceintes, les nouveau-nés (et avant) ou les immuno-déprimés ; cependant, depuis 2001, une augmentation significative du nombre des nouveaux cas a été remarquée dans plusieurs pays européens chez les plus de 60 ans. On l’aura –au moins pour certains- reconnue : il s’agit de la listériose, infection à Listeria monocytogenes  classiquement responsable d’avortements, septicémies, méningites et autres encéphalites. Ce qu’on oublie peut-être encore, bien que déjà souligné dans plusieurs travaux, c’est que les établissements de santé pourraient courir un risque particulier, et que les épidémies hospitalières pourraient être plus fréquentes qu’imaginé…

Les buts poursuivis par C Little étaient donc, finalement, assez précis : détecter les infections à Listeria d’origine hospitalière et, s’il en était besoin, faire prendre meilleure conscience du risque et en tirer les conséquences qui s’imposent. Pour ce faire, l’auteur de la Health Protection Agency londonienne (UK) a analysé toutes les épidémies et incidents rapportés à son agence et en a extrait ceux d’origine hospitalière. Il lui est apparu que la plupart des évènements (8 /11, 73 %)  rapportés entre 1999 et 2011 pouvaient être associés à des sandwichs emballés achetés ou fournis à l’hôpital et, en analysant chaque épisode dans le détail, que des ruptures de la chaîne du froid s’étaient produites dans les établissements concernés dans plus de la moitié des cas. On prendra pour exemple l’épidémie n°7, avec 5 cas rapportés en 2010  sur une période de 5 mois dans un hôpital du nord est du pays (3 longs séjours, un court séjour répété, un dernier consultant pour chimiothérapie) : ils ont été attribués à L monocytogenes sérotype 4fAFLP 1.33, et des sandwichs prêts à consommés ont encore une fois été incriminés.

Pour l’auteur de l’agence londonienne, pas de doute, ces épidémies illustrent le risque potentiel des sandwichs (menu que CL Little précise très apprécié des malades anglais, et qui doit certainement être pris au sens le plus large pour nous) industriels proposés à l’hôpital. Il lui semble particulièrement important qu’un double contrôle soit réalisé, au niveau de la préparation puis sur place à l’hôpital, en particulier pour la chaîne du froid. La réglementation, rappelle-t-il, est déjà assez claire, et des guidelines ont été publiés : il suffit de les respecter, ou de les faire respecter.



Dr Jack Breuil


Little CL et coll. : Hospital-acquired listeriosis associated with sanswiches in the UK : a cause for concern. Journal of Hospital infection 2012 ; 82 : 13-18.


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