La fréquence de l’obésité est en constante augmentation parmi
les sujets jeunes en particulier dans le monde occidental. La
recherche est active pour trouver des facteurs favorisants ou
étiologiques qui permettraient une prise en charge plus
efficace.
Plusieurs études ayant montré que les impressions gustatives
variaient entre obèses et non obèses, les auteurs ont voulu
vérifier l’hypothèse suivante : l’obésité juvénile est-elle liée à
une différence dans la perception des saveurs?
A cet effet les auteurs ont comparé, dans une étude
transversale, la sensibilité gustative de 99 sujet obèses (IMC >
97ème percentile) et 94 sujets non obèses (IMC< 90ème
percentile) âgés de 6 à 18 ans.
Elle a été évaluée pour les différentes saveurs de base (sucré,
amer, salé, umami [sauce soja], et aigre) au moyen de bandelettes
imprégnées de différentes concentrations de ces saveurs. Les
facteurs confondants tels que l’âge, le sexe et l’ethnicité ont été
pris en considération dans l’analyse.
Globalement, par rapport au groupe des non obèses, les obèses
ont montré une capacité significativement plus faible à identifier
correctement les saveurs (p<0,001). L’analyse plus détaillée des
résultats pour chaque saveur en particulier, montre que les obèses
détectaient moins bien le salé, l’umami (goût de la sauce soja) et
l’amer. De plus les sujets obèses discernaient moins bien
l’intensité du sucré : à concentration égale les obèses trouvent
les échantillons moins sucrés. L’étude montre aussi que la
perception gustative s’améliore avec l’âge et qu’elle est plus
performante chez le sexe féminin (des facteurs confondants pris en
considération par l’étude).
Les auteurs concluent que cette étude confirme l’hypothèse
qu’obèses et non obèses diffèrent dans la qualité de leur
perception des saveurs. La frustration due à cette déficience
gustative chez les obèses serait compensée par une augmentation de
la prise alimentaire et par là favoriserait l’obésité.
Il est démontré que la perte du goût chez les personnes
âgées en bonne santé est un facteur de risque
d’anorexie et de dénutrition et non d’obésité ! Pourquoi
alors une déficience gustative chez les plus jeunes
mènerait-elle à un résultat diamétralement opposé ? Cette
étude ouvre la voie à une piste qui mérite sérieusement d’être
explorée.
Dr Rodi Courie
Overberg J et coll. : Differences in taste sensitivity between obese and non-obese children and adolescents. Arch Dis Child., 2012; DOI: 10.1136/archdischild-2011-301189.
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