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Obésité chez l’enfant, peut-être une affaire de goût

Publié le 26/09/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

La fréquence de l’obésité est en constante augmentation parmi les sujets jeunes en particulier dans le monde occidental. La recherche est active pour trouver des facteurs favorisants ou étiologiques qui permettraient une prise en charge plus efficace.

Plusieurs études ayant montré que les impressions gustatives variaient entre obèses et non obèses, les auteurs ont voulu vérifier l’hypothèse suivante : l’obésité juvénile est-elle liée à une différence dans la perception des saveurs?

A cet effet les auteurs ont comparé, dans une étude transversale, la sensibilité gustative de 99 sujet obèses (IMC > 97ème percentile) et 94 sujets non obèses (IMC< 90ème percentile) âgés de 6 à 18 ans.

Elle a été évaluée pour les différentes saveurs de base (sucré, amer, salé, umami [sauce soja], et aigre) au moyen de bandelettes imprégnées de différentes concentrations de ces saveurs. Les facteurs confondants tels que l’âge, le sexe et l’ethnicité ont été pris en considération dans l’analyse.

Globalement, par rapport au groupe des non obèses, les obèses ont montré une capacité significativement plus faible à identifier correctement les saveurs (p<0,001). L’analyse plus détaillée des résultats pour chaque saveur en particulier, montre que les obèses détectaient moins bien le salé, l’umami (goût de la sauce soja) et l’amer. De plus les sujets obèses discernaient moins bien l’intensité du sucré : à concentration égale les obèses trouvent les échantillons moins sucrés. L’étude montre aussi que la perception gustative s’améliore avec l’âge et qu’elle est plus performante chez le sexe féminin (des facteurs confondants pris en considération par l’étude).

Les auteurs concluent que cette étude confirme l’hypothèse qu’obèses et non obèses diffèrent dans la qualité de leur perception des saveurs. La frustration due à cette déficience gustative chez les obèses serait compensée par une augmentation de la prise alimentaire et par là favoriserait l’obésité.

Il est démontré  que la perte du goût chez les personnes âgées en bonne santé  est un facteur de risque d’anorexie  et de dénutrition et non d’obésité ! Pourquoi alors une déficience  gustative chez les plus jeunes mènerait-elle à un résultat diamétralement opposé ?  Cette étude ouvre la voie à une piste qui mérite sérieusement d’être explorée.



Dr Rodi Courie


Overberg J et coll. : Differences in taste sensitivity between obese and non-obese children and adolescents. Arch Dis Child., 2012; DOI: 10.1136/archdischild-2011-301189.




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