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Oméga 3 en prévention cardiovasculaire : peut-on encore y croire ?

Publié le 27/09/2012   |  5 réactions Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

L’effet bénéfique supposé des oméga 3 pour l’appareil cardiovasculaire (CV) semblait à ce point crédible que des allégations nutritionnelles le mentionnant sur les produits riches en ces acides gras ont été autorisées au niveau européen. Pourtant, des résultats négatifs concernant l’effet cardioprotecteur des oméga 3 se sont accumulés ces dernières années. A partir de publications regroupées au sein d’une méta-analyse, l’intérêt potentiel des oméga 3 (à courte ou longue chaîne) en prévention des maladies CV est à nouveau quantifié.

Les auteurs de ce travail ont inclus vingt études cliniques (n= 68 680 sujets au total). Seuls les essais avec un recul de plus d’un an ont été sélectionnés (médiane de suivi : 2 ans). Ils concernaient essentiellement des sujets en prévention secondaire de maladies CV, à l’exception de quatre études qui incluaient aussi des volontaires en prévention primaire. Les oméga 3 étaient administrés sous forme alimentaire (deux études) ou d’une supplémentation (gélule ou huile) et la plupart des essais (16 sur les 20) étaient effectués en double aveugle. La dose moyenne d’oméga 3 administrée (essentiellement des huiles de poissons) était de 1,51 g /j.

Les résultats de cette méta-analyse sont globalement négatifs : l’incidence des décès totaux n’est pas influencée par la supplémentation en oméga 3. Il en est de même pour celle des décès d’origine cardiaque, des morts subites, des infarctus du myocarde ou encore des accidents vasculaires cérébraux. Ces résultats vont à l’encontre de ceux de la première méta-analyse d’essais randomisés sur le sujet publiée en 2002. En revanche, ils confirment ceux des essais cliniques plus récents qui n’ont pas retrouvé de bénéfice significatif des oméga 3. Même si ces acides gras présentent des propriétés antiathérogènes démontrés, leur intérêt clinique pour réduire l’incidence des évènements CV ne l’est pas du tout. On peut toujours imaginer que certains sous-groupes de patients puissent bénéficier d’une supplémentation en oméga 3 mais cela reste à prouver. Dans l’immédiat, il n’est donc pas justifié de proposer une telle supplémentation pour prévenir les maladies CV, ni même leur récidive.



Dr Boris Hansel


Rizos EC, Ntzani EE, Bika E, Kostapanos MS, Elisaf MS. : Association between omega-3 fatty acid supplementation and risk of major cardiovascular disease events: a systematic review and meta-analysis. JAMA. 2012; 308:1024-33.


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Vos réactions

Un effet très net sur la mort subite

Le 27 septembre 2012

Les auteurs ont oublié la LYON DIET HEART Study, qui montrait avec un apport physiologique d'ALA, un effet très net sur la mort subite. Il y a une confusion permanente entre l'apport physiologique 2gr d'ALA/jour en s-2 (soit colza et non soja),une somme EPA + DHA de l'ordre de 150 mgr/jour, et des effets "pseudo-pharmacologiques" au-delà de ces doses. Le balancier est reparti dans l'autre sens! Ceci me rappelle une phrase célèbre d'un grand biochimiste américain, à l'occasion de la remise d'un prix :"Il y a des menteurs, des très grands menteurs, et au-dessus les "META-ANALYSES""

François Mendy

Non convaincant

Le 27 septembre 2012

Contrairement à ce qui est signalé il faut que tous les medecins prescrivent justement des omega 3 en complement ou par base nutritionnelle dans les préventions primaires et secondaires. Cet article est non seulement non convaincant mais inutile.

Pierre Henri Nevado

La valse des consensus simplistes et trop rapides

Le 02 octobre 2012

La surestimation du rôle du cholestérol dans la mortalité cardio-vasculaire aboutissait logiquement à surestimer le rôle protecteur des oméga 3 dans cette mortalité. Le consensus prématuré est fréquent en médecine surtout quand les conflits d'intérêts s'en mêlent. L'épisode de l'administration péri-opératoire systématique de bêta bloquants à tous les opérés coronariens et ses mauvais résultats en est un autre exemple...comme le remplissage excessif des patients qui était la règle d'or des années 70-80 ... les doses de "cheval" d'hémisuccinate d'hydrocortisone dans les états de choc... et bien d'autres

Dr J-F Huet

Eviter la précipitation

Le 09 octobre 2012

Une des difficultés (et des erreurs) de la nutrition, est de l'approcher comme nous le faisons, avec les médicaments; l’œil rivé sur un produit et d'observer les conséquences, y compris avec des méta-analyses. Hors la nutrition est le champ d'action de facteurs multiples, jouant des synergies, des antagonismes...avec également des effets inversés selon le statu, l'activité du sujet...etc. D'un autre coté, nous avons tendance à jeter rapidement le bébé avec l'eau du bain. L'époque est manichéenne. Enfin, l'intérêt des fameux oméga 3 ne se limite pas à l'aspect cardio-vasculaire...

Christian Trape

Bénéfice des omégas 3

Le 14 octobre 2012

Si l'on en croit votre article, les omégas-3 ne servent à rien.
L'étude lyonnaise sur le régime crétois administré à des patients qui avaient fait un infarctus, parue dans le Lancet, étude qui a permis de différentier les oméga-3 des oméga-6 est-elle alors une étude bidon ou truquée ? Je n'ai pourtant jamais lu de critiques sur cette étude.

Dr Guy Roche
Alors quoi ???
Docteur Guy ROCHE Interniste

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