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Le diabète de type 2, un facteur de risque d’arthrose sévère

Publié le 27/09/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Outre les liens observés entre obésité et arthrose, certains travaux ont associé syndrome métabolique et arthrose, et d’autres ont suggéré un risque accru d’arthrose chez les diabétiques. C’est, dans ce contexte, que des auteurs allemands, italiens, français et autrichiens se sont intéressés à la relation entre diabète de type 2 (DT2) et arthrose sévère.

G Schett et coll. ont examiné les données de 20 années de suivi d’une étude prospective de cohorte, la Bruneck Study, menée en population générale dans une ville du nord-est de l’Italie (Brunico), et visant à préciser les caractéristiques épidémiologiques et la pathogénie des maladies cardiovasculaires, neurologiques et musculo-squelettiques.

L’étude de la relation entre DT2 et arthrose a porté sur près de 1 000 sujets, âgés  de 40 à 80 ans, enrôlés en 1990 et suivis jusqu’en 2010. Le diabète a été défini par l’existence d’une glycémie à jeun supérieure ou égale à 126 mg/dl, ou un diagnostic de DT2 posé par un médecin et la prise de traitements anti-hyperglycémiants, ou un taux d’hémoglobine glyquée (HbA1c) de 6,5 % ou plus, ou une glycémie de 200 mg/dl deux heures après charge orale de 75 g de glucose. L’arthrose et sa sévérité ont été évaluées cliniquement (douleur, raideur, fonction articulaire), sur auto-questionnaires, par l’indice WOMAC (Western Ontario and McMaster University Osteoarthritis Index) et par score KOOS (Knee injury and Osteoarthritis Outome Score), par échograhies et radiographies, et le taux d’arthroplasties motivées par la sévérité de l’arthrose, aux membres inférieurs a été pris comme indicateur, examiné en relation à l’existence du non d’un DT2.

La population étudiée comptait, à l’inclusion, 927 sujets dont 69 diabétiques de type 2 ayant un taux moyen d’HbAc de 7,2 %, 41 étant traités par anti-hyperglycémiants oraux, 3 par insuline. Ces diabétiques (49,7 % d’hommes, cette proportion ne différant pas significativement de celle notée chez les sujets indemnes de DT2, de 50,3 %) étaient plus âgés que les non-diabétiques (67,6 ± 9,6 ans en moyenne vs 58,2 ± 11,3 ans ; p < 0,001), leur IMC moyen était plus élevé (27,0 ± 3,9 vs 24,8 ± 3,7 ; p < 0,001), l’uricémie, les taux de CRP et de ferritine aussi.

Deux fois plus de risque d’arthroplastie en cas de diabète

Le taux d’arthroplasties était de 17,7 p. 1 000 sujets-années chez les diabétiques de type 2, vs 5,3 p. 1 000 sujets-années chez ceux indemnes de DT2 (p < 0,001).

L’analyse a pris en compte de nombreux facteurs confondants potentiels [notamment l’âge, le sexe, les antécédents d’arthroplastie antérieure, l’IMC, le taux de sVCAM-1 (soluble Vascular Cell Adhesion Molecule-1), la catégorie sociale, le tabagisme, la consommation d’alcool,  l’activité physique, l’uricémie, la créatininémie, les taux de HDL-cholestérol, de CRP et de ferritine).

Après ajustements, le DT2 est apparu, en comparaison de l’absence de DT2, indépendamment associé au risque d’avoir une arthroplastie pour arthrose sévère (ratio de risque : 2,1 ; intervalle de confiance à 95 % 1,1-3,8 ; p = 0,0023), et l’association était observée aussi pour les formes cliniquement plus graves sur le plan symptomatiques et celles avec altérations articulaires plus importantes. La probabilité accrue d’avoir une arthroplastie était constatée à la fois pour les hommes et les femmes, et allait croissant avec la durée du DT2.

Cette étude relie deux affections chroniques, parmi les plus fréquentes dans les pays industrialisés : le diabète de type 2 et l’arthrose. Le DT2 ressort, sur deux décennies de suivi, prédictif du risque de développement d’une arthrose sévère. indépendamment de nombre de facteurs de risque habituels, le lien observé plaidant pour le rôle d’une composante métabolique, s’ajoutant à la surcharge mécanique, participant à la genèse de l’arthrose, et peut-être accessible à prévention ou à l’amélioration. À confirmer.



Dr Julie Perrot


Schett G et coll. : Diabetes is an independent predictor for severe osteoarthritis. Diabetes Care, 2012 ; publication avancée en ligne le 21 septembre. (DOI ; 10.2337/dc120924).




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