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De la signification pronostique des anomalies cognitives et comportementales dans la maladie d’Alzheimer

Publié le 27/09/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Des signes comportementaux et la perturbation des activités de la vie quotidienne (AVQ) sont-ils prédictifs de la mortalité dans la maladie d’Alzheimer (MA) ?

Pour répondre à la question, une étude a été menée auprès de 653 patients consécutifs (majoritairement  des femmes) chez lesquels le diagnostic de MA probable avait été posé et recevant un traitement par inhibiteur de l’acétylcholinestérase en 2000-2001 dans un centre de référence écossais. L’âge moyen était de 77,1 ans ± 7,6. A 10 ans de suivi, 77 % des patients étaient décédés.

A l’admission, les patients avaient été soumis à 7 tests cognitifs, au test d’IADL (Instrumental Activities of Daily Living) et au NPI (Neuropsychiatric Inventory). Les résultats des tests étaient fortement corrélés entre eux. La médiane de survie était de 5,4 ans, elle diminuait avec l’âge, les femmes survivant significativement plus longtemps. En 1ère analyse, de mauvais résultats, quels que soient les tests, étaient associés à un mauvais pronostic. Après ajustement, l’influence du sexe masculin, des résultats du MMSE (Mini-Mental State Examination), de la fluence catégorielle, du NPI de l’aidant et des IADL perdaient de leur significativité statistique. Le test de lecture NART (National Adult Reading Test), utilisé comme échelle du QI prémorbide et approximation de la réserve cognitive, était associé à la survie en tenant compte de l’âge et du sexe, mais ne l’était plus après inclusion du MMSE. En sus de l’âge, les résultats au test d’apprentissage par paires (du Neuropsychological Test Assessment Battery ou CANTAB) et les signes d’ordre psychotique au NPI à l’admission sont restés prédictifs de la survie des patients. La pneumonie a représenté 31,7 % des causes de décès, les cardiopathies, 22,2 %. La démence figurait sur plus de 70 % des certificats de décès. Le fort taux de chutes souligne l’importance des troubles de la motricité dans les stades avancés de la MA. Les sujets aux NPI les plus élevés n’ont pas présenté d’excès de maladies cérébro-vasculaires, et le score NPI des patients dont le décès a été lié à une maladie cérébro-vasculaire n’a pas montré de différence statistique.

Exclure les patients non traités a peut-être conduit à surévaluer la survie. Le taux élevé de diabète et de maladies cérébro-vasculaires confirme l’implication des facteurs de risque cardiovasculaire (FRCV).

Le détail des traitements, des  FRCV n’était pas disponible mais la large zone de recrutement a dû permettre une représentativité épidémiologique. Peu de patients ayant un MMSE inférieur à 12, aucune interprétation ne peut être tirée concernant les démences sévères. Les données de certificats de décès ne sont pas complètement fiables, elles débordent d’ailleurs la tranche d’âge de la population de l’étude.

Lors du diagnostic, les cliniciens ne devraient pas baser leur pronostic sur les tests cognitifs ou d’autonomie de routine. Maladies cardio-vasculaires et chutes sont en outre à prendre en compte pour améliorer la survie.



Dr Anne Bourdieu


Russ TC et coll. : Cognitive et behavourial predictors of survival in Alzheimer disease: results from a sample of treated patients in a tertiary-referral memory clinic” Int J Geriatr Psychiatry 2012; 27: 844-853


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