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L’allaitement maternel améliore t-il le développement cognitif ? Le débat est loin d’être clos !

Publié le 28/09/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Plusieurs études documentées ont montré une amélioration du développement cognitif des petits enfants alimentés au sein en comparaison de ceux au biberon. Le nombre de facteurs qui interfèrent est cependant considérable et pourrait conduire à des conclusions trop tranchées voire fausses.

Des chercheurs américains ont recensé et tenu compte d’une grande part de ces facteurs en examinant une cohorte d’enfants déjà analysée, issue d’une étude longitudinale, intitulée Early Childhood Longitudinal Study Birth Cohort. Les données ont été collectées en 3 étapes : la première en 2001 à l’âge de 9 mois, la seconde par des interviews des parents à l’âge de 2 ans et la troisième en 2006 vers 4 ans. La cohorte initiale comprenait environ 10 700 sujets. Les facultés cognitives ont été jugées par les échelles de Bayley qui incluent plus de 30 items mesurant le fonctionnement cognitif dans le but d’évaluer à 2 ans les capacités de communication, l’acquisition du langage, la compréhension et l’expression du vocabulaire et les capacités à résoudre les problèmes.

La méthode nouvelle utilisée par les chercheurs est la « propensity score matching » (PSM) qui permet d’apparier, pour tous les facteurs de confusion recensés, les enfants alimentés au sein et ceux au biberon. S’il n’apparaît aucune différence statistique entre les 2 groupes pour le facteur de confusion pris en compte, les 2 groupes peuvent être considérés équivalents pour ce facteur et la différence éventuelle attribuée à l’allaitement maternel.

Un total de 12 co-variables a été inclus dans l’analyse. Un premier groupe concernait les caractéristiques maternelles, chacune enregistrée 1 si présente, 0 si absente : troubles du comportement, dépression, usage de toxiques (tabac et autres), niveau d’éducation, âge à la naissance, complications obstétricales, score d’Apgar. Un deuxième groupe réunissait les caractéristiques paternelles et un troisième l’ethnie et le sexe. Chacune de ces variables a été appariée aux différents scores cognitifs et l’analyse statistique faite avant et après ces différents facteurs de confusion. Le score moyen de l’échelle de Bayley a été de 125,55 ± 10,96.

Avant appariement, les enfants nourris au sein avaient des scores de développement plus élevés que les alimentés au biberon : + 3,20 (intervalle de confiance [IC] : 2,4-4 ; P<0,05). Une fois les sujets appariés pour les 12 co-variables, les différences demeuraient significatives mais diminuées de 40 % : + 1,92 (IC 0,92-2,93 P<0,05). Après correction en fonction de la durée d’allaitement, les capacités cognitives augmentaient en effet avec la durée de celui-ci mais n’étaient pas fondamentalement différentes entre 6 et 9 mois.

Au total, ces 2 points de gagnés ne sont peut-être pas fondamentaux ce qui n’ôte en rien les autres avantages de l’allaitement maternel.



Pr Jean-Jacques Baudon


Boutwell BB et coll. : Role of breastfeeding in childhood cognitive development: a propensity score matching analysis. J Ped Child Health 2012; 48: 840-45



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