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De nouveaux facteurs génétiques de susceptibilité au cancer du sein chez l’homme

Publié le 28/09/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Environ un cancer du sein sur cent touche un homme. Les facteurs de risque incluent les antécédents familiaux ainsi que les gènes BRCA2 (à peu près 10 % des cas) et dans une moindre mesure BRCA1.

Une équipe internationale, pilotée par l’Institut de recherche sur le cancer britannique, réalise la première étude d’association pangénomique pour le cancer du sein chez l'homme (KSH). Elle part de l’hypothèse qu’une variation génétique commune contribue sensiblement au risque familial de KSH, et qu’une telle recherche peut aussi avoir un impact sur la connaissance de la susceptibilité génétique à la maladie chez les femmes.

Le génotypage est effectué sur 920 cas de KSH (805 au Royaume-Uni et 115 aux USA), les données contrôles étant celles de 2 912 sujets de la cohorte de naissance britannique de 1958. Les SNPs (single nucleotide polymorphisms)  les plus significatifs sont ensuite validés sur 438 cas et 474 contrôles issus de 12 études cas contrôles de différents pays. Des études bio-informatiques complémentaires utilisent les données des projets  1000 Genomes (1) et ENCODE (Encyclopedia of DNA elements) (2).

Dix-sept SNPs, situés dans 6 régions génomiques, présentent une association avec le KSH (à P< 5,0 X 10-7). Après validation, les associations sont significatives avec 2 SNPs, rs1314913 (P = 3,02 × 10−13; OR = 1,57) et rs3803662 (P = 3,87 × 10−15; OR = 1,50). Le premier est situé sur l’intron 7 du gène RAD51B du chromosome 14q24.1. Les membres de la famille RAD51 sont des protéines essentielles à la réparation par recombinaison des cassures double brin de l’ADN, et un SNP situé sur l’intron 10 du même gène a déjà été associé au KS de la femme. Le SNP rs3803662, situé sur le chromosome 16q12.1, est localisé dans la région du gène TOX3. Il a été déjà associé au KSH, et l’étude actuelle en fournit une solide confirmation. C’est aussi un allèle de susceptibilité au KS chez la femme mais son effet est significativement plus important chez l’homme.

Des variants situés sur 24 loci différents influencent le risque de KS chez la femme. Certains d’entre eux sont aussi associés au KSH (à P<0,05), tandis que pour d’autres l’association est à la limite de la significativité. De façon surprenante aucune association significative n’est observée entre le SNP rs2981582 et le KSH, alors que ce SNP présente la plus forte association connue avec le KS de la femme positif pour le récepteur des œstrogènes, et que le KSH est la plupart du temps positif pour ce récepteur. Ce statut hormonal n’a pas de lien avec les associations de SNP observées dans les KSH chez l’homme.

Au final, ces données identifient des gènes de susceptibilité de faible pénétrance au KSH dont certains connus pour le KS chez la femme et compte tenu de la taille modeste de l’étude, il est probable que des variants de risque supplémentaires pourront être identifiés par des futures études pangénomiques.

(1) http://www.1000genomes.org/home
(2) http://www.genome.gov/10005107



Dominique Monnier


Orr N et coll. : Genome-wide association study identifies a common variant in RAD51B associated with male breast cancer risk. Nat Genet. 2012. Publication avancée en ligne le 23 septembre. doi: 10.1038/ng.2417




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