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Le traitement conservateur des traumatismes fermés de la rate, possible quel que soit l’âge

Publié le 28/09/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Le traitement non opératoire (TNO) est devenu la référence dans les traumatismes fermés de la rate (TFR) de grade I à II (c’est à dire avec hématome sous-capsulaire < 50 % et/ou hématome intra-parenchymateux < 2 cm non évolutif). Mais ce TNO convient-il aux sujets de plus de 55 ans ayant des TFR de grade IV et V (hématomes rompus et évolutifs) ? Beaucoup préconisent le traitement chirurgical après 55 ans, même si l’état hémodynamique est stable, en raison du fort taux d’échecs du TNO. Mais l’apparition récente de l’angioembolisation (AE), quoique non dénuée de risques et d’échecs dans les grades élevés, remet ce dogme en question.

Des auteurs floridiens ont étudié rétrospectivement au niveau national, les TFR d’adultes hémodynamiquement stables observés entre 2000 et 2010. La surveillance était toujours très étroite, tant au niveau clinique que biologique, toute chute tensionnelle entraînant une intervention immédiate, tandis qu’une déglobulisation isolée ou une extravasation de produit de contraste au scanner conduisait à l’AE. Les malades ont été séparés en deux groupes en fonction de leur âge < 55 ans (GJ) ou > 55 ans (GV).  Les échecs du TNO (ETNO) ont été désignés par la nécessité d’une intervention. L’AE de l’artère splénique a été réalisée par voie fémorale, l’embolisation pouvant être proximale et éventuellement supra-sélective distale.

Sur les 847 TFR adultes identifiés, 308 ont requis une intervention immédiate du fait d’une instabilité hémodynamique ; parmi les 539 autres, 459 se situaient dans le GJ et 80 dans le GV. Le taux d’ETNO (4 et 5 %) a été similaire dans les 2 groupes, même après prise en compte du degré de gravité. Les 2 groupes étaient parfaitement comparables (sur les plans de la démographie, de la clinique et du mécanisme du TFR), encore que les sujets du GJ eussent un score de gravité un peu plus élevé et une pression systolique de départ un peu plus faible.

Quant à l’AE, elle n’a de raison d’être que dans les grades IV et V (rates rompues ou éclatées), et alors elle ne réduit significativement le taux d’ETNO que dans le groupe GJ, mais semble avoir aussi un rôle bénéfique dans le GV. Contrairement au grade, l’âge n’est pas un facteur de risque d’ETNO.

La mortalité globale (40 décès soit 7,4 %) ne dépend pas non plus de l’âge, sauf pour le groupe des 61 à 70 ans où l’on relève un taux aberrant de 31 %, mais tous les décès sauf un étaient liés aux lésions associées. Il n’a été signalé aucune complication (persistance de l’hémorragie, douleurs, thrombose, lésions artérielles) imputable à l’AE.

L’âge ne contre-indique pas le  traitement conservateur des rates contuses.



Dr Jean-Fred Warlin


Bhullar IS et coll. Age does not affect outcomes of nonoperative management of blunt splenic trauma. J Am Coll Surg., 2012; 214: 958-964.



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